LEMAÎTRE, Charles Ernest (1854-1928) :  La Catoueilleuse (1917).
Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (23.V.2006)
Relecture : Anne Guézou.
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Orthographe et graphie conservées.
Texte établi sur l'exemplaire de la médiathèque (Bm Lx : Norm 299) des Joyeux Bocains : contes drolatiques en patois bas-normand par Ch. Lemaître, le Chansonnier du Bocage avec préface d'Arthur Marye et illustrations de Levavasseur et R. Thurin. publié à Caen chez Bonnaventure et Jouan en 1917.

La Catoueilleuse
par
Charles Lemaître


~ * ~

A Monsieur Louis Allainguillaume.


A mins qu’ cha n’ sé eune effrontée,
Ou bi por en faire san métier,
Eun’ fill’ paraît plutôt gênée
Quand no l’invite à jastouézer ;
Portant quand o z’ont b’in envie
D’êtr’, comm’ c’est qu’ dis’nt lé gas Bocains,
Grattées éiou qu’o sont d’mangies,
O z’y’ arriv’nt par tous lé moyens.

J’ai ouï causer d’eun’ bi rusée,
Por fair’ sa p’tite invitation,
C’était la gentill’ Désirée,
La fille au mouni d’ Courvaudon ;
O d’meurait tout preux du notaire,
Qu’ avait un clerc de dix-huit ans,
Et Désirée, la p’tit’ mounière,
Causait d’avec li d’ temps en temps.

L’ jeune homme était, comm’ ceux de s’n âge,
Un brin timid’ por tout oser,
Quand v’là qu’un jou, dans un bocage,
Y s’en fur’nt tous lé deux s’ prom’ner.
« - Hélas ! qu’i l’i disait, que j’ t’aime,
Ma Désirée, ça m’ rend comm’ fou. »
Et v’là qu’y s’enhardit tout d’ même
A l’i flatter un p’tit brin l’ cou.
« - Ah ! mais, qu’o dit, j’ veux pas qu’ no m’ touche,
Quand no m’ catoueill’ comm’ cha, je m’ couche
Et quand ej sieus couchie à c’t’ heu,
No fait d’ mé tout de c’ que no veut,
J’ ne r’mue pas plus qu’ si j’étais tuée ;

Catoueillé-mé un brin, por vée ! »


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