GADEAU DE KERVILLE, Henri (1858-1940) : La Basse-Cour expérimentale, le Vivarium et les Serres expérimentales d'Henri Gadeau de Kerville, à Rouen.- Rouen : Impr. Lecerf fils, 1915.- 8 p.-VI f. de pl. ; 26 cm.

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La Basse-Cour expérimentale, le Vivarium et les Serres expérimentales d'Henri Gadeau de Kerville, à Rouen

[par Henri Gadeau de Kerville]

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La Basse-Cour expérimentale, le Vivarium et les Serres expérimentales (pl. I)

A Rouen, dans la propriété que je possède depuis la mort de mes parents si regrettés, mon père avait fait construire pour ma mère, qui aimait beaucoup les oiseaux, des volières où vécurent des centaines de spécimens appartenant à plusieurs ordres. Dans le jardin se trouvait la vaste volière d'été (1), et dans un bâtiment la volière d'hiver où l'on rentrait, au cours de l'automne, les oiseaux trop délicats pour supporter les températures hivernales.

Dans la volière d'été, ma mère obtint la reproduction particulièrement intéressante de deux espèces d'oiseaux : en 1883, celle d'un couple de Perruches soleil ou Conures soleil (Conurus solstitialis Less.), reproduction qui, à ma connaissance, n'avait pas encore été obtenue, ou, du moins, signalée en France, et, en 1892, 1893 et 1894, celle d'un couple de Lamprocolious chalybés (Lamprocolius chalybaeus Ehrbg.), brillante espèce de la famille des Sturnidés qui ne s'est reproduite que très accidentellement en Europe. J'ai cru intéressant de publier des notes concernant ces reproductions en captivité (2-3).
 
Après la mort de mes parents, survenue en 1903, je vendis la collection d'oiseaux et laissai vides les volières. Puis, en 1907, je commençai à les utiliser pour des expériences d'hybridation sur quelques races de coqs et de poules, de pigeons et de lapins. Ces expériences m'intéressant grandement, je me décidai à les poursuivre en augmentant leur nombre.
 
La volière d'été ne se composant que de onze compartiments, je la fis démolir, et, dans un autre endroit de mon jardin, je fis construire, en 1911, une basse-cour expérimentale composée de quarante-huit compartiments.
  
La nécessité d'avoir des bacs pour des expériences variées, entre autres pour des expériences comparatives avec celles que j'effectue dans le laboratoire de spéléobiologie expérimentale que j'ai créé, en 1910, dans ma propriété de Saint-Paër (Seine-Inférieure) (4), me fit transformer la volière d'hiver en vivarium.
 
De plus, m'intéressant beaucoup aux fougères et à la variation de leurs frondes, au sujet de laquelle je compte publier une série de notes, je fis construire pour elles, en 1914, deux serres dans le jardin : une suffisamment haute pour y avoir des spécimens arborescents, et une petite, consacrée surtout aux semis. Quant à la serre que mon père avait fait bâtir dans le jardin, je l'utilise partiellement pour les fougères et partiellement pour des expériences comparatives avec celles que j'effectue dans mon laboratoire de spéléobiologie expérimentale.
 
Ma basse-cour expérimentale et mon vivarium devaient recevoir, au mois d'août 1912, la visite de mes excellents collègues de la Société des Amis des Sciences naturelles de Rouen ; mais, rentré malade de ma mission zoologique gratuite en Asie-Mineure, cette visite n'eut lieu que le 3 juillet 1913. Mes aimables collègues voulurent bien aussi venir voir mes serres expérimentales, le 2 juillet 1914. De ces deux visites j'ai ressenti grandement l'honneur et le plaisir.
 
Mon laboratoire de spéléobiologie expérimentale étant un laboratoire tout particulier, j'en ai publié la description dans le Bulletin de la Société des Amis des Sciences naturelles de Rouen. Par contre, j'ai pensé que trop minime était l'intérêt offert par ma basse-cour expérimentale, mon vivarium et mes serres expérimentales pour les décrire dans le bulletin d'une Société savante. Néanmoins, étant donné que, parmi les personnes qui s'intéressent à telles ou telles expériences scientifiques, il en est qui s'intéressent aussi au milieu où ces expériences ont été faites, je publie à part ce modeste opuscule qui renferme une brève description, accompagnée de vues photocollographiques, de la basse-cour, du vivarium et des serres qui se trouvent dans ma propriété de Rouen.

BASSE-COUR EXPERIMENTALE

La Basse-Cour expérimentale, le Vivarium et les Serres expérimentales (pl. II)

figure basse courLa basse-cour expérimentale que j'ai fait construire en 1911 dans mon jardin, à Rouen, se compose de quarante-huit compartiments disposés en trois rangées : deux doubles, A et B, et une simple, C. Les côtés a et a1 de la rangée A et les côtés b et b1 de la rangée B ont chacun dix compartiments, et la rangée C huit compartiments.

La planche II représente : à gauche, l'une des extrémités de la rangée C, et, dans la partie centrale, le côté a de la rangée A.

La planche III représente : à gauche, le côté a1 de la rangée A ; au bout de l'allée centrale, l'un des compartiments de la rangée C ; et, à droite, le côté b de la rangée B.


La Basse-Cour expérimentale, le Vivarium et les Serres expérimentales (pl. III)

La planche IV représente le côté b1 de la rangée B.

La Basse-Cour expérimentale, le Vivarium et les Serres expérimentales (pl. IV)

Les rangées A et B ont chacune les dimensions suivantes : longueur, 32 m. 60 ; largeur, 12 m. 30 ; hauteur, 2 m. 50 ; la longueur étant mesurée sur la partie grillagée, la largeur sur la partie grillagée et la partie couverte, et la hauteur étant celle de la partie grillagée. Par suite, chacun des quarante compartiments qui forment ces deux rangées doubles présente une longueur de 3 m.26 et une largeur de 6 m. 15, dimensions se subdivisant ainsi : partie grillagée, 3 m. 26 X 4 m. 40 ; et partie couverte, 3 m. 26 X 1 m. 75.

Quant à la rangée C, qui est, simple, sa longueur, mesurée sur la partie grillagée, est de 20 m. 65 ; sa largeur, mesurée sur la partie grillagée et la partie couverte, est de 5 m. 20 ; et la hauteur de sa partie grillagée est de 2 m. 50 ; d'où il résulte que chacun des huit compartiments qui forment la rangée C présente une longueur de 2 m. 58 et une largeur de 5 m. 20, dimensions se subdivisant ainsi : partie grillagée 2 m. 58 X 3 m. 58 ; et partie couverte, 2 m. 58 X 1 m. 62.
 
Dans la partie couverte de chacun des quarante-huit compartiments de cette basse-cour expérimentale il y a : d'un côté, un pondoir en osier et un perchoir pour le coq, la poule et leurs jeunes, H. de l'autre, une boîte en bois contenant un pondoir en grès et un perchoir pour les pigeons.

Afin d'avoir des renseignements tout à fait précis pour mes recherches expérimentales sur l'hybridation de différentes races de coqs et de poules, de pigeons et de lapins, je mets seulement dans chaque compartiment : soit un coq et une poule et deux pigeons, dont les jeunes sont retirés au moment opportun, soit deux pigeons et un lapin ou une lapine, — l'un et l'autre pendant un petit nombre de jours, pour l'accouplement de ces derniers — les jeunes étant retirés au moment opportun.

Les pigeons font bon ménage avec les lapins, et il en est de même des coqs et des poules avec les pigeons, sauf quelques coups de bec que ces derniers reçoivent accidentellement.
 
Je ne puis réunir dans le même compartiment un coq et une poule, deux pigeons et un lapin ou une lapine, parce que l'un de ces derniers pourrait casser les œufs de la poule ou la gêner quand elle couve, le pondoir étant par terre, ou la déranger lorsqu'elle a des poussins.

J'ai installé à Villers-Écalles, dans la cour de la ferme de ma propriété située dans les communes contiguës de Villers-Écalles et de Saint-Paër (Seine-Inférieure) (mon laboratoire de spéléobiologie expérimentale se trouve dans cette dernière commune), vingt compartiments dans lesquels sont élevés des coqs, des poules, des pigeons et des lapins de race pure, destinés aux expériences que j'effectue dans ma basse-cour expérimentale, à Rouen.
 
J'ai donc, en tout, soixante-huit compartiments pour mes recherches expérimentales sur l'hybridation de races de coqs et de poules, de pigeons et de lapins, ce qui est bien peu de chose. En effet, pour avoir des résultats précis, non-seulement on ne peut réunir dans chaque compartiment qu'un très petit nombre d'animaux ; mais, de plus, il est indispensable d'accoupler, pendant plusieurs générations, les hybrides obtenus, et de recommencer un certain nombre de fois les mêmes hybridations, d'où il résulte que je ne puis hybrider qu'un petit nombre de races des animaux en question.

VIVARIUM

La Basse-Cour expérimentale, le Vivarium et les Serres expérimentales (pl. V)

Au sujet de mon vivarium, dont la planche V montre une vue partielle, j'ai seulement à dire que c'est une pièce d'une longueur de 8 m. 15, d'une largeur de 6 m. 15 et d'une hauteur de 3 m. 50, qui renferme des bacs en verre et en ardoise et des cuves en verre de différentes grandeurs, pour des animaux aquatiques, et des cages pour des reptiles et des micromammifères ; une autre pièce contient de multiples cages destinées à des insectes.

SERRES EXPÉRIMENTALES

La Basse-Cour expérimentale, le Vivarium et les Serres expérimentales (pl. VI)

Mes trois serres expérimentales n'offrant rien de particulier à signaler, je me borne à donner leurs dimensions, prises dans l'intérieur :

Celles de la grande, dont la planche VI montre une vue partielle, sont : longueur, 12 m. 50 ; largeur, 7 m. ; hauteur, 4 m. 40. Celles de la moyenne, dont une petite portion est visible dans la partie droite de la planche II, sont : longueur, 12 m. 50; largeur, 5 m. 50 ; hauteur, 3 m. 15. Celles de la petite sont : longueur, 4 m. 80; largeur, 2 m. 30 ; hauteur, 2 m. 10.

Je termine ces quelques pages en souhaitant ardemment de pouvoir continuer jusqu'à ma mort mes captivantes recherches dans ma basse-cour expérimentale, mon vivarium et mes serres expérimentales, dont les modestes dimensions s'harmonisent bien avec l'humble personnalité de leur propriétaire.


NOTES :
(1)    La planche I représente une vue partielle de celle volière d'été qui n'existe plus.
(2)    Henri GADEAU DE KERVILLE. — De la reproduction de la Perruche soleil (Conurus solstitialis Less.) en France, dans le Bull, mensuel de la Soc. nationale d'Acclimatation de France, n° 7 (juillet) de 1884 ; tirés à part, Paris, siège de la Société, 1884, (pagination spéciale).
(3)    Henri GADEAU DE KERVILLE. — Le Lamprocoliou chalybé, avec une planche en couleurs, dans le journal L'Ami des Sciences naturelles, n° du 1er septembre 1891; tirés à pari, Rouen, direction du journal, 1894, (même pagination).
(4)    Henri GADEAU DE KERVILLE. — Le Laboratoire de Spéléobiologie erpérimeutalu d'Henri Gadeau de Kercille, à Saint-Paër (Seine-Inférieure), avec un plan, quatre planches en photocollographie et cinq figures dans le texte, dans le Bull, de la Soc. des Amis des Scienc. natur. de Rouen, ann. 1910 ; tirés à part, Rouen, Lecerf fils, 1911, (même pagination).
 

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