Amour de fleurs : exposition Musée d'Art et d'Histoire de Lisieux, 02 janvier- 26 mai 2008 / [catalogue rédigé par Jean Bergeret].- Lisieux : Musée d'art et d'Histoire, 2008.- n.p. : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 30 cm.
Saisie du texte et numérisation : M. Rognon pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (04.VII.2008)
[Ce texte n'ayant pas fait l'objet d'une seconde lecture contient immanquablement des fautes non corrigées].
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Courriel : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] obogros@ville-lisieux.fr
http://www.bmlisieux.com/

Ce texte ne relève pas du domaine public et ne peut être reproduit sans l'autorisation de l'auteur.
Orthographe et graphie conservées.Texte établi sur l'exemplaire de la médiathèque (Bm Lx : nc). 

Amour de fleurs
Exposition
Musée d'Art et d'Histoire de Lisieux,

(02 janvier- 26 mai 2008)

Couverture du catalogue

~ * ~

Que serait notre quotidien sans fleurs pour l’embellir ?

De la fleur de macadam à la fleur de lis, de la fine fleur des bandits à la sensibilité à fleur de peau, le mot « fleur » appartient à notre langage courant.

La fleur appartient aussi à notre vie quotidienne. Qui ne se souvient d’avoir vu sa grand-mère broder, avec des fils de coton ou de soie de couleurs différentes, de somptueux napperons ! Mais les jeunes générations auront d’autres souvenirs car les futures jeunes grand-mères n‘exécuteront plus de fabuleux « ouvrages de dame », autrefois décriés, mais maintenant considérés comme témoignages importants d’une sensibilité, d’un savoir-faire et d’une époque.

Dans Le génie du christianisme, Châteaubriand a exposé la théorie des harmonies de la religion et de la nature (Livre V, III, chap. 6) : Dieu même est le grand secret de la nature (Livre I, I, chap. 2). C’est sans doute l’une des raisons, entre autres, qui conduisit les autorités religieuses françaises du XIXème siècle et du XXème siècle à laisser prospérer ces images pieuses, gages d’amitié et de fidélité religieuse que l’on retrouvait en grand nombre dans les ouvrages de piété et les missels. Chaque fleur a son symbole et l’on voit les pensées disputer aux myosotis la palme du souvenir éternel. Le langage, dans lequel les fleurs, considérées isolément ou dans la manière dont elles sont groupées, symbolise des mots, des phrases et des pensées, dûment codifié.

Des ouvrages paraissent sur ce thème : Le nouveau manuel des fleurs emblématiques de Mme Leneveux et les images d’Epinal. Balzac, par l’intermédiaire de Félix dans Le lys dans la vallée détourne le code floral des bons sentiments et exprime le désir avec une gradation dans les couleurs. Le premier bouquet blanc et bleu représente deux innocences, déjà bafouées par la présence du lys dont la forme phallique exprime l’élan du jeune homme vers Henriette. Le deuxième bouquet devient rouge désir grâce au pavot rouge représentant la masculinité. On est bien loin évidemment des ouvrages de dame pour lesquels le code officiel des fleurs lissait toute provocation.

La fleur accompagne chaque étape de notre vie familiale (naissance, communion, mariage, décès) ou notre vie en société (moisson par exemple). Mais Toutes fragiles fleurs, sitôt mortes que nées (Victor Hugo, Les orientales, XXXIII). Autant acheter des fleurs artificielles dont le matériau de base (porcelaine, métal, cire) dur et éternel autorise le souvenir perpétuel du plus beau jour de notre vie (le mariage) ou d’un être aimé : Sur vos tombeaux, qui répandra des fleurs ? (Voltaire, Epître, LXII).

Mais il est un matériau, l’or, qui assure la pérennité de la fleur, qui devient bijou et qui, dans cette matière ou dans d’autres, vient orner le corsage d’une femme. Sur les tissus, la fleur peut être peinte, brodée, brochée, ou imprimée. La liste est longue et démontre, si besoin en était, de l’intérêt que nous portons à cette corolle simple ou composée de certaines plantes, ordinairement odorante et douée de vives couleurs.

La fleur va être cataloguée, inscrite dans des familles. L’Encyclopédie puis les classements ultérieurs permettront de connaître, grâce à la gravure, les fleurs de toutes natures, de tous les continents et de toute beauté. Et parmi ces fleurs de beauté, le lis n’est pas la moindre : plante bulbeuse qui porte, sur une haute tige, des fleurs blanches à six folioles. Armes de la maison de Bourbon et des rois de France. Fer chaud marqué de plusieurs petites fleurs de lis que le bourreau appliquait sur l’épaule de certains condamnés. Et le teint de lis, si blanc, fut à la mode au XVIIème siècle : Je trouvai Mademoiselle de Sceaux très belle, le teint du plus grand éclat du monde, des lis et des roses en abondance (Cardinal de Retz, Mémoires du Cardinal de Retz, Paris, 1836, Tome I, p.6.). Voilà autant d’aspects d’une fleur récupérée aussi par la religion catholique, chez qui elle signifie, pureté, candeur et virginité.

Ce sont autant d’aspects de la fleur que cette exposition tente de montrer à partir des collections du musée d’art et d’histoire de Lisieux et du château de St-Germain de Livet. L’idée en est partie d’un ensemble acheté il y a quelques années, une fabrique de fleurs artificielles. Ce petit atelier, en provenance sans doute d’un couvent, laissait entrevoir tout un savoir faire qui dépassait le couvent pour rejoindre les créations des grands ateliers de fleurs artificielles, comme celui de Trousselier à Paris et de là, le travail pour les maisons de couture parisiennes. Parallèlement, une rencontre avec l’une des dernières, la dernière ?, fleuristes artificielles de soie dont l’atelier est à Lisieux, Séverina Lartigue, permit de concevoir l’exposition : une partie retracera la vie d’une fleur artificielle en soie grâce à Séverina Lartigue et une autre permettra de confronter les fleurs artificielles à la représentation des vraies fleurs en peinture, en sculpture, en gravure grâce aux collections des musées de Lisieux.

Jean BERGERET
Conservateur en chef


Sauf exception, toutes les œuvres présentées appartiennent aux musées de Lisieux (Musée d’art et d’histoire de Lisieux et château de St-Germain de Livet)

 
I.

LA FLEUR DANS LES TISSUS,
BRODERIES, ET OUVRAGES DE DAME



LES CHAPERONS DE CHARITÉ

Les confréries de charité sont nées d’un vaste mouvement qui s’est épanoui au Moyen-Age. Centrée sur la dévotion, la confrérie offrait, par l’union de la prière et l’intercession d’un saint patron, une médiation entre les morts et les vivants afin d’assurer le salut de l’âme des défunts et, éventuellement, leur inhumation. Après huit siècles d’existence et d’importantes évolutions, les confréries de charité demeurent fidèles à leur vocation principale : enterrer les morts.

Parmi les objets témoins de la longue histoire des charités, les chaperons occupent une place à part. Le chaperon, qui est le signe individuel d’identification au sein du groupe, est abondamment orné lorsqu’il s’agit du chaperon utilisé pour les offices et est beaucoup plus sobre pour celui utilisé pour les inhumations.

1 1 2

1 - De deux suites de chaperons, deux chaperons en tissu rouge et galons brodés.
Broderies en métal représentant sur l’une des faces un vase d’où s’échappent des fleurs.
- Un chaperon de la charité de Condé sur Iton. Outre le vase, représentation de saint Martin. Inscription : Porte-Croix / Condé sur Iton / 1541. Fin XIXème siècle.
- Un chaperon de la charité de St Ouen d’Attez. Outre le vase, représentation de sainte Barbe. Inscription : Antique/Charité de St Ouen d’Attez/1736. Fin XIXème siècle.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux.
2 - D’une suite de chaperons, un chaperon en velours noir.
Broderie en métal blanc représentant deux tiges fleuries entourant le monogramme du Christ « IHS ».
Origine inconnue.
Fin XIXème siècle.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux.


BRODERIES ET AUTRES OUVRAGES DE DAME

3

3 - Napperon avec broderies aux fils de coton rouge, bleu et jaune.
Décor de bouquets avec des coquelicots, des bleuets et des épis de blé.
Sans doute après la guerre 14 – 18.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux.

4

4 - Ensemble de dix broderies réalisées par des élèves de l’école Victorine Magne.
Vers 1925 – 1930

Historique :
En 1922, Victorine Magne, ancienne directrice d’école, achète une ancienne manutention militaire, rue du petit Malheur (actuelle rue Victorine Magne) pour y accueillir et élever gratuitement l’enfance malheureuse. En 1924, elle fonde l’imprimerie et le bulletin de l’Etoile d’Or, toujours publié de nos jours. Daniel Deshayes, Lisieux, Mémoires en Images, Editions Alan Sutton, 1997.

Mon père et ma mère avaient pour mission de diriger et de gérer des écoles et des ateliers d’apprentissage. La sœur de mon père, Victorine Magne, était la fondatrice de cette œuvre familiale… . Gestion particulière, puisque cette mission avait pour but essentiel la charité. Les élèves, écoliers et apprentis, venaient de familles pauvres ou étaient orphelins. Œuvre de bienfaisance, fonctionnant comme une école privée, sans l’aide de l’Etat. Institution d’obédience catholique dont le centre, vital pour la survie de l’ensemble de cette œuvre familiale, était un bulletin imprimé par les élèves eux-mêmes et qui s’appelait l’Etoile d’Or. Souvenirs de Michel Magne dans L’Amour de vivre, chap. 1. Dans fernould.club.fr

Liste :
- Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre.
- Apparition de sainte Thérèse à des petites filles.
- Sept roses rouges.
- Portrait de sainte Thérèse.
- Sainte Thérèse lance des fleurs à un ostensoir.
- Reconnaissance à sainte Thérèse.
- Têtes de chérubin.
- Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre.
- Différentes étapes de la vie de sainte Thérèse.
- Après ma mort je ferai tomber une pluie de roses.

Chaque broderie est encadrée par une même baguette rouge foncé et noir.
H. 31,5 cm. L. 99,5 cm.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux.


DIVERS

5 6 7

5 - Tissu monté en napperon. Décor dans l’esprit Art Nouveau.
Velours de coton frappé au décor de fleurs.
La composition florale de ce tissu est très nettement due à Hector Guimard (1867 – 1942) qui avait choisi la tige des plantes comme symbole de la poussée vitale à laquelle il donnait forme par ses dessins labyrinthiques aussi bien dans les meubles que dans les tissus.
Vers 1900.
H. 72 cm. L. 92 cm.
Coll. Château de St-Germain de Livet. Ancienne collection Becci.

6 - Marie LE BAUREC’H
Et la fleur devient robe
Robe créée sur le thème du dahlia.
Satin et armature de fer. 2004.
Commande du musée de Lisieux pour le château de St-Germain de Livet à l’occasion de la fête des dahlias (2004).
Coll. Château de St-Germain de Livet.

7 - Deux voilages à poche
Tissu synthétique blanc à poches, destinées à recevoir des fleurs artificielles.
Tissu Baumann.
Coll. Château de St-Germain de Livet. Achat 1995.

 
II.

LA  FLEUR DANS LES
FAÏENCES, TERRES CUITES, PAVES,
ET PORCELAINES


8
8 - La plus ancienne fleur stylisée du musée d’art et d’histoire de Lisieux :
Carreau de pavage : Fleur stylisée avec calice.
Pavement roman de l’église Saint-Désir de Lisieux. XIème siècle.
H. 14 cm. Larg. 14 cm.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. Ancienne coll. Cottin.
Ce carreau provient d’un pavement découvert lors des bombardements de 1944 sur le site de l’ancienne abbaye bénédictine Notre-Dame du Pré. La technique utilisée permet d’associer harmonieusement la chair rose-ocre des pavés et des incrustations en noir.


FAÏENCES DE ROUEN


9 10

9 - Plat ovale en faïence rustique.
Rouen (fabrique d’Amédée Lambert). Première moitié du XIXème siècle.
Décor, enlevé, d’un bouquet et de son vase au centre du plat.
Il s’agit de la production de l’un des derniers faïenciers de Rouen, mis en faillite en 1847. Son usine ferme définitivement en 1851.
Long. 29,5 cm. Larg. 22,5 cm. H. 3 cm.
Coll. Château de St-Germain de Livet.

10 - Plat ovale en faïence rustique.
Rouen (fabrique d’Amédée Lambert). Première moitié du XIXème siècle.
Décor, un peu moins enlevé que dans le plat présenté à gauche, d’un bouquet et de son vase au centre du plat.
Il s’agit de la production de l’un des derniers faïenciers de Rouen, mis en faillite en 1847. Son usine ferme définitivement en 1851.
Long. 37,2 cm. Larg. 27,2 cm. H. 5,3 cm.
Coll. Château de St-Germain de Livet.
 

REMINISCENCES DES MONDES JAPONAIS ET CHINOIS DANS LA PRODUCTION DE ROUEN

D’origine chinoise, la corbeille fleurie devient dès le début du XVIIIème siècle, un motif typiquement rouennais. En bleu et blanc, en bleu et rouge et en polychromie, la corbeille fleurie disposée au centre de la pièce s’encadre de motifs de lambrequins, de broderies ou s’inscrit parfois dans un cartel. Le décor se poursuit en se simplifiant à la fin du XVIIIème siècle et au début du XIXème siècle (Cf. n°9 et 10).

11 12 13 14 15

11 - Plat octogonal.
Faïence de grand feu décorée en camïeu bleu.
Largeur 31,5 cm. Rouen, XVIIIème siècle.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. n° inv. 68.1.88.
Au centre un bouquet de fleurs dans un panier.

12 – Plat.
Faïence de grand feu décorée en camaïeu bleu.
Rouen. Vers 1720 – 1730.
Diam. 55 cm.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. n° inv. 68.4.1.
L’aile du plat est ornée d’une frise de lambrequins de type « évolué ». Cette frise est constituée par la répétition de deux motifs disposés en alternance, avec des détails traités en réserve sur le fond d’émail bleu. Entre les motifs, et en bleu, des fleurs s’échappent d’une corne de feuilles. Au centre, un bouquet naturaliste de fleurs dans un panier d’osier.

13 - Assiette dentelée.
Faïence de grand feu décorée en polychromie.
Rouen. XVIIIème siècle.
Diam. 25 cm.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. n° inv. 68.1.79.
Décor polychrome « à la corne tronquée ». Ce motif a pour origine le vase cornet du répertoire ornemental kakiémon du Japon. La forme du vase cornet s’est incurvée pour s’adapter à la courbure de la chute des plats et assiettes. Du vase s’échappent des branchages chargés de gros œillets très caractéristiques.

14 - Soupière avec son couvercle.
Faïence de grand feu décorée en polychromie.
Signée « H.B. ». Rouen. XVIIIème siècle.
H. 21,5 cm. Largeur 32,3 cm.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. n° inv. 68.1.83.
Décor polychrome « à la corne tronquée ». Ce motif a pour origine le vase cornet du répertoire ornemental kakiémon du Japon. A ce motif viennent s’ajouter celui de « la triple haie » et celui du « Phénix », également d’origine japonaise.

15 - Petite assiette dentelée.
Faïence de grand feu décorée en polychromie.
Rouen. XVIIIème siècle.
Diam. 19 cm.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. n° inv. 68.1.85.
La corne d’abondance visible ici est un souvenir du vase cornet d’origine japonaise (cf. assiette de Rouen à gauche).
Deux assiettes ont été choisies dans les collections du château de St-Germain de Livet pour le décor du bord de chacune d’entre elles : des bouquets de fleurs alternant avec d’autres motifs dont un néo-gothique assez inattendu. Les compositions sont assez traditionnelles que ce soit dans l’assiette de Choisy ou dans l’assiette de Creil et Montereau.


FAÏENCES DE CHOISY

16

16 - Assiette de la série des mois : Mai.
Faïence fine. Marque imprimée au revers : Manufacture de porcelaine de Choisy. H. et B.
Entre 1836 et 1862.
Diam. 21 cm.
Coll. Château de St-Germain de Livet. n° inv. 57.1.260.
La faïence fine de Choisy-le-Roi a été créée en 1804 par la famille Paillart, qui s’associe à Hippolyte Hautin en 1824. Lorsque celui-ci reste seul en 1836, il s’associe avec Louis Boulenger qui s’occupe de la fabrique jusqu’en 1862. La marque HB de l’assiette présentée correspond donc à la période Hautin – Boulenger qui va de 1836 à 1862.


FAÏENCES DE CREIL ET MONTEREAU

La manufacture de faïence fine de Montereau, fondée dès 1745, associée à celle de Creil de 1840 à 1895, puis à celle de Choisy en 1920, ferma ses portes en 1955.

17 18 18

17 - Assiette Aussitôt que la lumière, 9.
Faïence, décor imprimé. Marque imprimée : Porcelaine opaque/Creil et Montereau/Lebeuf Milliet et Cie/ Médaille d’or 1834 – 1839 – 1844. 5 en creux.
Entre 1845 et 1875.
Assiette plate. Diam. 21,5 cm.
Coll. Château de St-Germain de Livet. n° inv. 57.1.237.

18 - Service Rousseau : une assiette, une soupière.
Faïence fine, décor imprimé et peint sous couverte.
Assiette plate : Diam. 24,5 cm.
Marque imprimée : Creil et Montereau/LM et Cie/Modèle E. Rousseau à Paris.
Soupière : H. 28 cm. Long. 39 cm. Ep. 2,35 cm.
Marque imprimée : Creil et Montereau/LM et Cie/Modèle E. Rousseau à Paris.
Modèles créés en 1866, exécutés entre 1866 et 1875 sous la raison sociale Lebeuf et Milliet.
Coll. Château de St-Germain de Livet. Achat, 2002.

Ce service, appelé du nom de l’éditeur Rousseau, est une entreprise unique dans le domaine des arts décoratifs. Créé en 1866, il fut édité sans interruption jusqu’à la veille de la Seconde guerre mondiale, même si les fabricants changèrent au cours des décennies. En 1866, c’est l’entreprise Creil et Montereau qui le produit, même si la marque Lebeuf et Milliet est utilisée. De 1876 à 1884, le même nom de Creil et Montereau est gardé, même si la raison sociale change : de 1876 à 1884, Barluet et Cie ; de 1886 à 1890, Ernest Leveilé est éditeur. Ce dernier revend son fonds de commerce à Louis Harant (1845 – 1925), propriétaire de la maison Toy, qui devient donc la société éditrice du service jusqu’en 1938, date à laquelle les gravures du service Rousseau – Bracquemond sont jugées inutilisables pour la reproduction car trop détériorées.

Le mode de composition ternaire et les sujets tirés des estampes japonaises sont dus au peintre Felix Bracquemond (1835 – 1914). Cet artiste, ami des impressionnistes, avait redécouvert, avec eux, les estampes japonaises qui influencèrent l’art novateur de la deuxième moitié du XIXème siècle.


LA FLEUR DANS LES CERAMIQUES DU PRE D’AUGE

L’une des productions les plus fameuses de Lisieux et de ses environs est la céramique du Pré d’Auge, dont les plus belles productions datent du XVIème et du XVIIème siècles. Les sources d’inspiration sont multiples, très souvent les gravures de Fontainebleau, mais aussi la nature, qui se répand essentiellement sur les bords de certains plats et sur les épîs de faîtage. Le musée de Lisieux ne possède pas des plats historiés avec la représentation d’allégories (Allégorie de l’eau, de la terre, du printemps, etc.) dans lesquels les fleurs sont en arrière fonds des plats ou sur la tête des personnages allégoriques.

19 20 21 22

19 - Plat « Suite de Palissy »
Plat ovale avec serpents, grenouilles, lézards, poissons, coquillages.
Terre cuite glaçurée - XVIIème siècle.
Long. 47,5 cm. Larg. 39 cm.
Coll. Musée de Lisieux. n° Inv. M. 2000.22.1.
Il n’y a pas de fleurs dans ce plat, mais l’évocation de la nature est bien réelle, puisque l’on y retrouve, moulées, différentes feuilles et branches.

20 - Plat : « Allégorie de la Charité »
Terre cuite glaçurée.
Ateliers du Pré d’Auge, XVIè-XVIIème s.
Diam. 24 cm.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. n° inv. M. 99.1.1.
Les fleurs, moulées, sont rejetées sur le bord du plat. Leur traitement, non naturaliste, en fait une simple zone décorative alternant avec des languettes.

21 - Plat décoratif : Coupe ajourée à motifs de masques.
Terre cuite glaçurée. Plat à fond ocre.
Ateliers du Pré d’Auge, XVIIème s .
Diam. 28 cm.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. n° inv. M.2005.1.
Plat circulaire ajouré dont le marli est vernissé en bleu et le bord constitué de fleurs alternativement jaunes et blanches. Le réseau de la partie centrale est construit sur des alternances de masques et de motifs végétaux.
Ce plat fait partie d’une série reconnue comme étant celle du maître au fond ocre.

22 - Epi de faîtage.
Trois éléments d’un épi de faîtage de la marque « Filmont » Caen.
Terre cuite glaçurée. XIXème siècle.
H. 60,5 cm.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. n°inv. 78.97.1.
On voit bien que l’un des éléments constituant l’épi de faîtage est orné de fleurs stylisées, que l’on retrouve dans les épis de faîtage du XVIè et du XVIIème siècles (2ème étage du musée).


UNE INFLUENCE ORIENTALE : DELFT, LA COMPAGNIE DES INDES ET LA PORCELAINE IMARI

A partir de la découverte de la route des Indes (1498) par Vasco de Gama, le commerce s’établit entre l’Occident et l’Orient. Au XVIème siècle, les Portugais se chargent les premiers d’importer les porcelaines chinoises mais c’est au XVIIème siècle avec la compagnie des Indes Hollandaises qu’elles arrivent en grand nombre. Les faïenciers de Delft se mettent à copier à la perfection les décors bleu et blanc de la Chine et leur succès est tel que Louis XIV se fait construire un Trianon dit de porcelaine, dans un premier temps décoré de pavés du ¨Pré d’Auge, dit pavés Joachim.

23 24 24 25
FAÏENCE DE DELFT

23 - Une assiette au décor bleu sur fond ivoire.
Faïence. XVIIIème siècle.
Diam. 22 cm.
Coll. Château de St-Germain de Livet.

PORCELAINE DE LA COMPAGNIE DES INDES

24 - Deux assiettes de la Compagnie des Indes.
Porcelaine.
A gauche, décor d’une fleur au centre avec guirlande de fleurs sur le bord. Chine, Compagnie des Indes, vers 1770.
A droite, semis de fleurs, à la fois au centre et sur le bord.
Coll. Château de St-Germain de Livet.
La Compagnie française des Indes (Occidentales) est créée en 1664 et perd tout monopole commercial en 1791.
Elle doit procurer, à moindre frais, les « épiceries, les drogues et autres choses que nos provinces ne produisent pas », ce qui évite d’avoir à les acheter aux Hollandais et aux Anglais, passés maîtres dans ce type de commerce.
Parmi les drogues : le café, le thé; l’alun, l’aloès, le borax, la rhubarbe, etc.
Parmi les épiceries : le poivre, la cannelle, etc.
On transporte également : le salpêtre, les cauris, les cotonnades, et la porcelaine de Chine, dite Compagnie des Indes ou encore Chine de commande.

PORCELAINE IMARI

25 - Pot avec son couvercle.
Porcelaine japonaise pour l’exportation. XVIIIème siècle.
Décor de pivoines sur la panse.
Coll. Château de St-Germain de Livet.
Ce type de marchandise, créée au Japon pour l’exportation, est reconnaissable à ses trois couleurs dominantes : le bleu de cobalt, le rouge de fer tirant sur le safran et le fond blanc de la porcelaine. Le tout est rehaussé par de l’or. C’est le cas dans cette porcelaine présentée.


LES CARREAUX DE PAVEMENT FAÏENCES AUGERONS DITS PAVES DE LISIEUX OU PAVES JOACHIM
2ème moitié du XVIIè s. – début XVIIIè s.

Ces carreaux faïencés privilégient les thèmes purement décoratifs.

Les pavés hexagonaux :
Des pavés hexagonaux possèdent un motif centré floral (rosace) : les pétales et les étamines y sont rendus avec une très grande finesse. Un autre groupe rassemble des décors semi-floraux ou floraux, possédant un axe de symétrie perpendiculaire à deux côtés opposés de l’hexagone. Ils sont datés d’un peu avant le milieu du XVIIème siècle.

Les pavés carrés :
Le nombre de carreaux à décor géométrique est bien plus important que celui à décor floral, que l’on retrouve dans des décors incisés avec un centre de symétrie ou avec une symétrie diagonale ou avec une symétrie longitudinale.

26 26 26 26 26

26 - Série de cinq pavés carrés à décor de fleurs de lys.
Terre cuite glaçurée. Ateliers du Pré d’Auge.
XVIIème siècle.
L. 12,5 cm. Ep. 2 cm et 3 cm.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux.

27 - Pavé carré à décor floral centré : rose des vents.
Terre cuite glaçurée. Ateliers du Pré d’Auge.
XVIIème siècle.
Ep. 2 cm. L. 11,2 cm.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux.

28 - Pavé carré à décor floral centré : rose des vents.
Terre cuite glaçurée.
Ateliers du Pré d’Auge. XVIIème siècle.
Ep.2 cm. L. 12 cm.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. n° inv. F. 20-06.
En provenance des fouilles de la Bosqueterie, lieu-dit proche du Pré d’Auge

28. 1 – Pavé carré à décor floral stylisé.
Terre cuite glaçurée.
XVIIème.
Ep. 1,6 cm. L. 12,2 cm.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. n° Inv. 78. 3. 1.

28.2 – Pavé hexagonal à motif centré floral.
Terre cuite glaçurée. Pavé dit « Joachim ».
C. 9 cm. Ep. 2,7 cm.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. n° inv. F. 13-04.
En provenance des fouilles de la Bosqueterie, lieu-dit proche du Pré d’Auge

27 28 28-1 28-2


AUTRES CENTRES DE CERAMIQUES ET DE FAÏENCES

29 30 31 32

29 - Soupière ovale avec son couvercle.
Faïence de l’Est de la France. XVIIIème siècle.
Long. 32 cm. Larg. 23 cm. H. 22,5 cm.
Coll. Musée d’art et d’Histoire de Lisieux. n° inv. 68.1.82.
On notera l’alternance de la représentation de la tulipe et de la rose.

30 - Petite soupière avec son couvercle.
Faïence de Lunéville. XVIIIème siècle.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. n° Inv. 68.1.79.
Sans doute la représentation d’une marguerite et d’un dahlia.

31 - Cache-pot aux iris.
Faïence avec un décor aux iris sur les panses. Sur le fond, inscription en creux : CK, SC, 605/2.
H. 13 cm.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. n° inv. D 78.1.4.
En provenance du théâtre de Lisieux. Fin XIXème siècle.

32 - Carreau de revêtement à fleurs composites saz et feuilles hanceri.
Turquie, Iznik. XVIème siècle ?
Céramique engobée, décor peint sous glaçure.
H. 4,5 cm. L. 26,5 cm.
Coll. Château de St-Germain de Livet.
Carreau transformé en dessous de plat. Il peut s’agir d’un travail du XIXème siècle qui copie les œuvres de l’époque ottomane.
Selon la tradition familiale, Laure Riesener, épouse du peintre Léon Riesener, avait donné à chacune de ses trois filles un carreau de faïence de ce type, ce qui tendrait à prouver que nous sommes en présence d’une fabrication tardive.
Les feuilles hanceri sont longues et dentelées. Elles sont dessinées pliées suivant la nervure centrale et épousent une courbe dynamique. Elles appartiennent au répertoire saz (forêt enchantée en turc), dont les fleurs sont aussi dentelées.

33 - Quatre assiettes dont la provenance n’a pas été reconnue, mais qui ont pour point commun un décor de fleurs sur le fond de l’assiette et sur le bord.
Faïence. XVIIIème siècle.
Coll. Château de St-Germain de Livet.
 
33 33 33 33


PORCELAINE DE MEISSEN

En 1709, des gisements de kaolin sont découverts en Saxe. Ils permirent de fabriquer, pour la première fois en Europe, une porcelaine dure semblable à celle des chinois. Sur l’ordre de Frédéric-Auguste, électeur de Saxe, une manufacture est fondée aussitôt à Meissen et toutes précautions furent prises pour empêcher la divulgation des procédés et conserver jalousement la matière première. La grande époque de la fabrique de Meissen se situe entre 1720 et 1740. Après 1760, Meissen décline. Sa production perd toute originalité. La manufacture toujours en activité a conservé son titre officiel et reste attachée à la reproduction des modèles du XVIIIème siècle qui firent sa renommée.

Des artisans, transfuges de Meissen, répandirent peu à peu les procédés de fabrication de la porcelaine dure, découverts en France dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Ce sera l’apothéose de la porcelaine de Sèvres.

34 35

34 – Sucrier.
Petit pot avec couvercle. Porcelaine. Fond turquoise avec trois scènes peintes (une sur le couvercle et deux sur le pot).
Couvercle avec une rose comme bouton de préhension
Porcelaine de Meissen. XVIIIème siècle.
H. 10,6 cm. Diam. 10,4 cm.
Coll. Château de St-Germain de Livet. n° inv. 57.1.204.

35 - Réchaud de table ou brûle-parfum.
Réceptacle inférieur pour une bougie. 4 pieds. Réceptacle supérieur pour eau chaude.
Porcelaine. Fleurs (dont roses) peintes et fleurs en léger relief.
Porcelaine de Meissen. XVIIIème s. ou XIXème s. ?
H. 11 cm.
Coll. Château de St-Germain de Livet.
La petitesse de cet objet peut conduire à penser qu’il s’agit plus d’un objet décoratif que d’un objet efficace pour sa fonction supposée.


LA CERAMIQUE DE VALLAURIS

36


36 - Delphin MASSIER (1836 – 1907)
Cache-pot aux fleurs de pavots.
Barbotine. Sur le fond, inscription Delphin Massier/Vallauris/A.M.
Fin XIXème s.
H. 23 cm.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. n° inv. D.79.1.1.
En provenance du théâtre de Lisieux.
Grâce à ses très riches gisements d’argiles très grasses et très plastiques, Vallauris s’est très tôt spécialisé dans la production de céramique culinaire. Parmi les vieilles familles de potiers de Vallauris, deux frères, Delphin (1836–1907) et Clément (1845-1917) Massier ainsi que leur cousin Jérôme (1850-1916) délaissent la traditionnelle céramique culinaire pour donner ses lettres de noblesse à la « faïence d’art » vallaurienne.
 

III.

LA FLEUR
DANS LES TABLEAUX, DESSINS ET SCULPTURES DES MUSEES DE LISIEUX

TABLEAUX
(Classement par ordre chronologique de naissance des peintres)

Le musée de Lisieux ne possède pas de nombreux tableaux représentant des fleurs. Seuls deux d’entre eux correspondent à cette définition. L’un est celui de Louis MARTINET, intitulé Fleurs et fruits et daté 1857. Il se trouve actuellement dans les grands salons de l’Hôtel de Ville de Lisieux et n’a pas été déplacé pour cette exposition. L’autre est celui de Léon RIESENER, intitulé Liliums dans la forêt. Il est classé dans la section « les avatars du Lys ».
Néanmoins, nous avons trouvé quelques oeuvres du musée avec une fleur dans un coin ou dans un autre. Entre la représentation d’un bouquet (Jules Doesnard), qui est visiblement une œuvre d’atelier et celui du dernier peintre dans un classement chronologique (Marius Saraben), plusieurs visions de la fleur s’offrent à nous. L’œillet rouge d’Alfred Agache est vraisemblablement symbolique, comme dans toutes les œuvres de ce peintre : Est-ce l’œillet rouge lancé dans la cellule de Don José au dernier acte de Carmen ? Est- ce l’œillet de Marie-Antoinette ? Toujours est-il que l’œillet rouge évoque l’amour charnel et la passion.

La rose de Melle V.V. par Jeanne Bourrillon-Tournay n’est qu’un accessoire de composition comme le bouquet de fleurs dans le Rayon de soleil de Rupert Bunny. Par contre, le rouge des anémones de L’autoportrait de Laure Brouardel sert à bien mettre en valeur le foncé des vêtements de l’artiste. Il n’y a pas de symbolisme ici.

Dans un genre plus grave, le soldat de Robert Salles, qui regarde la tombe de son ami tué au combat, a peut-être apporté les fleurs artificielles qui l’entourent. C’est d’ailleurs pour évoquer les ravages de la guerre, que nous avons proposé l’œuvre de Marius Saraben, jeune soldat lexovien tué en 1913 au front, Lisieux à travers des pommiers, entourée de fleurs artificielles telles que l’on pouvait les trouver encore dans les cimetières il y a quelques années (voir rubrique fleurs artificielles).

Entre la fleur (une rose ?) tenue fièrement par la femme en coiffe normande du XVIIIème siècle et les fleurs symboliques et évanescentes du Portrait de Mme Glandaz, il y a deux siècles d’évolution de la peinture. D’un côté, une peinture presque naïve et de l’autre une peinture évanescente où tout est suggéré et conforme à l’image que l’on pouvait se faire de l’épouse du président du Touring Club de Paris.

37 38 39 40 41


37 - Jules DOESNARD (1828 – 1911)
Fleurs des Champs.
Huile sur toile.
Signature en bas à droite « Doesnard ».
Coll. Musée de Lisieux – n° Inv. MBA. 97. 83. 1.

 
38 - Alfred AGACHE (1843 – 1915)
Jeune femme à l’œillet.
Huile sur toile.
Signature en bas à droite « Alf. Agache 1888 ».
Coll. Musée de Lisieux – n° Inv. MBA. 97.93.1.

39 - Rupert BUNNY (1864-1947)
Rayon de soleil.
Huile sur carton. Vers 1907.
Signature en bas à droite « Rupert CW Bunny ».
Coll. Musée de Lisieux – n° Inv. MBA. 97.23.1.

40 - Jeanne BOURRILLON TOURNAY (1867 – 1932)
Portrait de Melle V. V.
Huile sur toile.
Signature en bas à gauche « Jne. Bourrillon Tournay 1930 ».
Coll. Musée de Lisieux - n° Inv. MBA. 97.93.1.

41 - Robert SALLES (1871 – 1929)
Souvenir de guerre.
Huile sur toile.
Signature en bas à gauche « Robert Salles ».
Coll. Musée de Lisieux – n° Inv. M. 2007.5.1.

42 43 44 45 46

42 - Marius SARABEN (1891 – 1914)
Lisieux à travers les pommiers.
Huile sur bois. Vers 1910 – 1911.
Coll. Musée de Lisieux – n° Inv. M. 2000.10.1.

43 - Image-souvenir du décès de Marius Saraben.
Imprimerie.
Avec l’inscription : Sous-Lieutenant au 24ème régiment d’infanterie /
Mort pour la Patrie/ dans les combats de la Marne le 13 octobre 1914/
A l’âge de 23 ans..
Coll. Musée de Lisieux.
Dans la présentation de l’exposition nous avons mis ensemble le tableau de Saraben, le faire-part de son décès et des fleurs artificielles, rappelant ainsi les fleurs dans les cimetières.
Cf. aussi la section consacrée aux fleurs artificielles.

44 – Anonyme – XVIIIème siècle
Portrait d’une femme en coiffe normande, tenant une rose dans la main droite.
Huile sur toile. XVIIIème.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux
 
45 – Laure BROUARDEL née Lapierre (active entre 1890 et 1919)
Jeune fille aux anémones.
Huile sur toile – Début XXème s.
Signature en haut à gauche « Laure Brouardel ».
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux – n° Inv. MBA. 97.62.1.

46 - Laure BROUARDEL née Lapierre (active entre 1890 et 1919)
Autoportrait.
Huile sur toile.
Signature et date en haut à droite « Laure Brouardel 1896 ».
Coll. Musée de Lisieux – n° Inv. MBA. 97.63.1.
 

DESSINS

Il aurait été facile de présenter les aquarelles de fleurs que peuvent posséder le musée et le château. Nous avons choisi délibérément deux œuvres de ce type : un portrait de femme et un projet pour la décoration intérieure de la basilique Sainte-Thérèse de Lisieux.

Stylistiquement les deux œuvres sont à l’opposé l’une de l’autre. Chez Mondineu, tout est dans le flou sauf le visage de la jeune femme. Chez les Gaudin, la sécheresse et la géométrisation des formes empêchent toute sensibilité et sensiblerie, ce qui semble contraire à l’image véhiculée sur le nom de Thérèse de Lisieux.

47 48

47 - Jean-Etienne MONDINEU (1872 - 1940)
Portrait de Madame Glandaz.
Pastel. 1922.
Coll. Musée de Lisieux – n° Inv. MBA. 97.94.1.
Mme Glandaz était l’épouse du président du Touring Club de Paris.

48 - Ateliers GAUDIN
Illustration d’une Béatitude : Bienheureux ceux qui ont le cœur pur car ils verront Dieu.
Projet pour la décoration intérieure de la basilique Sainte-Thérèse de Lisieux.
Dessin. Gouache sur carton. Vers 1920.
Coll. Musée d’art et d’Histoire de Lisieux – n° Inv. M. 92. 13. 84.
Des roses attachées à leur tige sont offertes à sainte Cécile, reconnaissable à sa harpe, par un homme à genoux et soutenu par un ange.


GRAVURES

49 50 51 52

49 - Jean LANGLOIS (1649 – vers 1712)
Représentation de trois variétés de narcisses : Narcissus pisanus major ; Narcissus albus medio croceus polyanthos ; Narcissus calcedonicus totus albus.
Gravure. XVIIème siècle.
Coll. Château de St-Germain de Livet – n° Inv. C. 57.1.352.

50 - Anonyme
Représentation d’une fleur à bulbe : Ixia rubra, nobis. Ixia du Cap à fleurs rouges
Gravure rehaussée. XVIIIème s.
Coll. Château de St-Germain de Livet - n° inv. 57.1.355.
Ces fleurs poussaient essentiellement au Cap de Bonne Espérance. Elles ont des feuilles droite, très menues, glabres et aigües. Les tiges sont hautes  de trois à quatre pouces, grêles, striées, à demi-cylindriques à peine aussi longues que les feuilles. Les fleurs solitaires, assez grandes, d’un jaune vif ou d’une couleur rougeâtre….
(in Lamarck, Encyclopédie méthodique : Botanique, supplément Tome III, Paris, 1814).
 
51 - Anonyme
Représentation d’une fleur  : Aloës capensis, nobis. Aloës du Cap à fleurs couleur d’orange.
Gravure rehaussée. XVIIIème s.
Coll. Château de St-Germain de Livet - n° inv. 57.1.356.
L’aloès est un genre de plantes à larges feuilles des pays méditerranéens, de la famille des Aléoacées. Les fleurs sont soit rouge vif, aloès du Cap (Aloe ferox) soit jaunes, aloès des Barbades (Aloe vera).
Pour l’aloès du Cap, le tronc est de 2 à 3 m. de haut, les feuilles en rosette dense, ovales-lancéolées, de 15 à 50 cm. sur 10 cm. (à la base), épineuse sur les deux faces et la marge. Fleur rouge écarlate.

52 - Anonyme
Représentation d’une fleur  : Orchis morio, Lina l’orchidée des boutiques.
Gravure rehaussée. XVIIIème s.
Coll. Château de St-Germain de Livet - n° inv. 57.1.357.
Cet orchis tient son nom latin de l’espagnol Morion qui désignait le casque des fantassins de la Renaissance, ses sépales formant un casque bien régulier. Le genre Orchis est endémique en Europe et en Asie du Sud-Ouest. Une trentaine d’espèces sont présentes en France.


SCULPTURES

53 54

53 - Panier avec fleurs et branchages.
Bois peint en gris et doré. XVIIIème siècle.
En provenance de la ceinture inférieure d’une console du château de St-Germain de Livet.
Coll. Château de St-Germain de Livet.

54 - G.
Deux roses.
Terre cuite. Bas-relief. XIXème siècle.
Signée en bas à droite « G ».
Coll. Château de St-Germain de Livet – n° Inv. C. 57.1.854.

 
IV.

LES FLEURS
DANS LES MEUBLES
ET DIVERS OBJETS DES MUSEES DE LISIEUX


LES MEUBLES

55 56 56 57 58

55 - Louis-Michel LEFEVRE
Commode.
Marqueterie de fleurs et d’entrelacs. Pieds cannelés, montants droits, façade à ressaut central, deux tiroirs sans traverse, anneaux de tirage et entrées de serrure, chutes de fleurs dans encadrement rectiligne, amortissement des pieds à palmette, cul de lampe à décor asymétrique floral, sabots en bronze doré, dessus en marbre.
Inscription au dos : « LM LEFEVRE JME ».
Après 1743. XVIIIème s.
Coll. Château de St-Germain de Livet - n° inv. C.57.1.835.

56 - D’une série de douze chaises, deux chaises.
Bois noirci, garniture au petit point représentant des fleurs.
XIXème s.
Coll. Château de St-Germain de Livet - n° inv. 93.2.8 et 93.2.16.
La composition est toujours la même : les fleurs sont disposées dans un bouquet et les branches rassemblées par un nœud.

57 - Fauteuil de cérémonie.
Chêne avec garniture au petit point au centre du dossier et du siège représentant des fleurs.
Traverse supérieure du dossier : Armes de Mgr Hugonin sculptées au milieu et inscription au dos : Respect et Reconnaissance/ Cté de l’Hôtel Dieu/Bayeux 8 7bre 1892.
En provenance de la cathédrale St-Pierre de Lisieux. Il existe un prie-dieu qui va avec ce fauteuil (Cf. 2ème étage du musée).
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux.
Les deux bouquets, réalisés sans doute par des sœurs ou par des femmes pieuses, sont presque identiques. Il s’agit d’un mélange d’œillets, de roses et de lys.
Mgr Hugonin (1823-1898) fut évêque de Bayeux-Lisieux. A ce titre, il joua un grand rôle dans le vie de Thérèse de Lisieux :
- 1884    Il lui confère le sacrement de confirmation.
- 1888    Il lui donne l’autorisation d’entrer au Carmel.
- 1889    Il préside sa vêture.
- 1898    Il donne son accord pour l’impression de la première édition de l’Histoire d’une âme.

58 - Guéridon avec représentation d’oiseaux au milieu de branches fleuries (aubépines ?)
Inscription : « Hommage de reconnaissance à M. Henry Chéron, Ministre de l’Agriculture, La Ligue Française Pour la Protection des Oiseaux ».
1922.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux.


ACCESSOIRES DIVERS

BIJOUX

59 60

59 - Epingle dite « pensée ».
Or filigrané. Pierres au centre des pétales.
Vers 1830.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux.
Ces épingles en or sont fabriquées par des orfèvres. La pensée apparaît sous la Restauration. De petite taille, elle orne les coiffes. De plus grande taille, elle fixe les plis du châle dans le dos.

60 - Camélia, monté en broche.
Coquillages. XXème siècle.
Coll. Privée
 

V.

LES FLEURS DANS LES OUVRAGES IMPRIMES DES MUSEES DE LISIEUX

LIVRES

61 62

61 - J.J. GRANDVILLE (1803 – 1847)
Un autre monde.
1 vol. Paris, Ed. Fournier. 1844.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. Don Hellouin.
Ouvert à la page de la Fête des fleurs (illustration par Grandville) avec le texte expliquant cette planche en face.

62 - Louis REYBAUD (1799-1879)
Jérôme Paturot à la recherche d’une position sociale.
Edition illustrée par J. J. Grandville.
1 vol. Paris, 1846.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux - Don Hellouin.
Ouvert à la page 441 : « Rosières à temps et à perpétuité »
Jérôme Paturot, pose des couronnes de fleurs sur la lie de l’humanité.

Louis Reybaud créa en 1845 – 1846, le personnage de Jérôme Paturot, parfait exemple d’un homme qui cherche l’ascension sociale quelque soit le régime en place.

Jean-Ignace Isidore Gérard, dit J.J. Grandville (1803 – 1847). Dessinateur, aquarelliste, caricaturiste et lithographe français, Grandville est issu d’un milieu d’artistes, son grand-père était comédien du Théâtre du roi Stanislas (cour de Lorraine) et son père miniaturiste. Formé dans l’atelier de son père, il manifeste très tôt un goût prononcé pour la caricature qu’il exerce dans les principaux journaux de caricatures de l’époque : La Silhouette, La Caricature, Le Charivari … Suite aux Lois de Septembre qui rétablissent la censure sur la presse en 1835, il met entre parenthèses sa carrière de caricaturiste politique. Il se tourne alors vers l’illustration de livres sans pour autant abandonner  son esprit de caricaturiste. Il illustre alors notamment les Fables de la Fontaine (1837), Les Scènes de la vie privée et publique des animaux (1840), Les Petites Misères de la vie humaine (1841), Un Autre Monde (1843) (voir le livre qui se trouve en face) ou encore Jérôme Paturot à la recherche d’une position sociale (1846).


MENUS

63 64

63 - Menu en date du 11 Juillet 1897.
Inscription à la main et à l’encre. L’ensemble est agrémenté d’un bouquet de fleurs artificielles : muguet et roses
Coll. Château de St-Germain de Livet.

64 - Série de marque-place.
- Imitation d’une assiette de la Rochelle (oiseau perché sur une branche fleurie émergeant d’une sorte de corbeille, interprétation originale du fameux motif japonais dit « à la haie ». Avec inscription « M. Charles Noblet ».
- Carton avec des violettes au nom de M. Cauchois.
- Hollandaise avec un chat et un bouquet dans la main droite. Inscription : « M. Georges Noblet ».
Coll. Château de St-Germain de Livet.


PLANCHE IMPRIMEE

65


65 - Dictionnaire alphabétique et emblématique des plantes et des fleurs.
Planche imprimée pour Gustave Richard, Editeur rue St-Jacques à Paris, par Charles Noblet, rue Soufflot à Paris. Vers 1850.
Coll. Musée d’art et d’Histoire de Lisieux. Don Hellouin.


IMAGES PIEUSES

66 66

66 - Cartes à caractère religieux ou à caractère amical ou à caractère familial
Imprimerie. Manuscrit.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux.
Dans la vitrine dans laquelle elles sont rassemblées, toutes les images ne sont pas forcément des images pieuses. Beaucoup d’entre elles sont des gages d’amitié, et de fidélité, sentiments symbolisés par les fleurs qui les expriment le mieux : la pensée et le myosotis. La plus ancienne date de 1840, la plus récente est de 1960. Une est en anglais.

Les images pieuses, que forment l’autre partie de cette vitrine, correspondent à un type qui se crée dans les années 1830 : le centre reproduit, par la lithographie coloriée ou non, un saint ou une scène de la Bible. Des dentelles mécaniques à sujet floral, qui remplacent le canivet, encadrent l’image centrale qui peut être à systèmes, à inclusions et / ou en relief. Des fleurs précisent la pensée religieuse : le lys et la rose.
Coll. Musée de Lisieux.

1/ Carte « Bonne fête » - 1923 / Rose.
2/ Carte « Bonne fête Maman ! » (Mr Jean) / Rose.
3/ Carte « Bon anniversaire, 17 Février 1892 » / Bleuet.
4/ Carte « Souvenir d’une douce amitié » - 1931 / Marguerite.
5/ Carte « Christ en croix », sans date, vers 1931 / Chrysanthèmes.
6/ Carte « Fleurs de Terre Sainte » en souvenir d’un pèlerinage en Mars 1868.
7/ Carte « La fleur du souvenir est aussi celle de l’espérance » / Myosotis - ?
8/ Carte « Marie Jésus » avec un canivet.
9/ Carte avec texte en anglais « Vœux d’amitié » – 1897 / Myosotis.
10/ Carte « Un rien est tout pour l’Amitié » - 1882 / Myosotis.
11/ Carte « Aimables fleurs parler pour moi » avec canivet / Rose / Pensée / Iris.
12 Carte « Souvenir d’Amitié » - 1857 / Violette.
13/ Carte « Souvenir de Fourvière » / Pensée.
14/ Carte « Cette fleur est la touchante image… » - 1860 / Rose / Violette.
15/ Carte avec canivet « La pensée c’est le souvenir, le souvenir c’est la vie » / Rose / Pensée / Clématite.
16/ Carte avec canivet « A Marie ».
17/ Carte « Souvenir de ma première communion » avec un calice / Rose / Myosotis.
18/ Carte avec canivet « Loin des yeux près du cœur » / Rose / Myosotis.
19/ Carte fleurs en relief « A vous mes pensées à moi votre souvenir » / Rose / Myosotis / Pensée.
20/ Carte avec deux portes « Souvenir de 1ère communion » / Pensée.
21/ Carte 1950 « Ne m’oubliez pas, c’est mon plus doux espoir » / Rose / Bleuet.


VI.

LES FLEURS ARTIFICIELLES
DANS LES COLLECTIONS
DES MUSEES DE LISIEUX

Le bouquet de mariée sous globe :

Cette mode, strictement française et limitée aux catholiques, naît sous le Second Empire et connaît son apogée à la fin du XIXème siècle.
A l’approche du mariage, les fiancés achetaient, sur catalogue ou non, la structure réceptacle des objets liés au plus beau jour de leur vie, leur mariage :
-    le bouquet et la couronne de la mariée (en fleurs artificielles depuis 1830, et souvent la fleur d’oranger, symbole de virginité)
-    le bouquet de virginité du marié.
Ces fleurs sont disposées sur une surface matelassée (calotte) recouverte de velours, de satin ou de soie. Une ornementation en métal (cuivre embouti et doré) complète la structure : motifs végétaux, floraux, des oiseaux. Le tout, à forte connotation symbolique.
Les miroirs
Le pouvoir réfléchissant des miroirs est censé combattre le mauvais œil, tandis que leur forme exprime diverses symboliques :
-    le miroir central évoque le reflet de l’âme, la vérité
-    chaque miroir rectangulaire indique une année séparant les fiançailles des noces
-    les miroirs ovales sont les cadeaux porte bonheurs offerts par les demoiselles d'honneur
-    le miroir en forme de losange symbolise l’union des deux sexes
-    le miroir trapézoïdal symbolise l’entente parfaite.
Les fleurs
-    La fleur d’oranger est le symbole de la virginité.
-    La rose symbolise l’amour éternel.
-    La marguerite exprime l’innocence et la pureté.
-    Le liseron traduit l’attachement.
-    La pensée signifie « je pense à vous ».
-    Le jasmin est le signe de l’amour voluptueux.
Les éléments végétaux et les fruits
-    La feuille de vigne symbolise la prospérité.
-    La gerbe de blé renvoie à la résurrection chrétienne.
-    La feuille de chêne apporte longévité et force au couple.
-    La cerise éloigne la malchance.
 
Le bouquet de moisson :

Les bouquets de moisson existent depuis plus de 5000 ans. On en trouve dans le monde entier sous des formes variées. Ils étaient généralement symboles de fertilité, la dernière gerbe de la moisson coupée, on en faisait une figurine, ce qui donnait lieu à des festivités et cérémonies rituelles. Cybèle, déesse de la moisson - ou une toute autre divinité agraire selon les civilisations -, vivait, pensait-on, dans les figurines tressées dans les épis mûrs que l’on gardait à l’abri, l’hiver durant, pour protéger la déesse. Au printemps, on avait coutume de les jeter dans les champs pour que la déesse favorise la germination du grain.

Si les cérémonies et coutumes liés aux bouquets de moisson varient selon les civilisations et les pays, tous expriment la joie des moissonneurs et des batteurs de voir arriver la fin du travail en même temps que leur reconnaissance à la divinité qui a favorisé la moisson et la formulation de pensées pour obtenir une moisson fructueuse l’année suivante.

Les bouquets peuvent prendre la forme de figurines (homme ou animal symbolique) mais ils empruntent le plus souvent des formes traditionnelles, la plupart du temps symboliques. Les bouquets de moisson représentaient ainsi, souvent, une croix, liant ainsi la puissance divine à la récolte céréalière.

67 68 69 69 70 71

67 - Deux chandeliers.
Alternent sur trois branches principales et des rameaux secondaires des bobèches pour les bougies et les fleurs artificielles.
Métal. XIXème siècle.
H. 60 cm.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux.
Provenance église St-Pierre de Lisieux.

68 - Bouquet de moisson.
Autour d’une âme en bois, la paille a été tressée de manière à avoir des tiges, des fleurs stylisées et des branches à la périphérie qui se terminent par des épis. L’ensemble a été orné de rubans de soie, qui étaient destinés à des coiffes féminines.
Sur le pied « 1873 ».
H. 69 cm.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. Ancienne collection Cottin.

69 – Deux bouquets de mariée.

70 - Fleur de cimetière.
Porcelaine et métal.
Coll. Privée.

71 - Fleur de cimetière.
Pâtes de verre.
Coll. Privée.


 
VII.

ETUDE D’UNE FLEUR REPRESENTEE DANS LES COLLECTIONS DES MUSEES DE LISIEUX


LE
LIS – LYS – LILIUM

LES AVATARS DU LYS

Nous avons choisi de nous intéresser plus précisément à la fleur du lys compte - tenu des objets du musée qui représentent cette fleur et de toutes les symboliques qui s’y rattachent.
  • Selon une tradition, le roi Louis VII aurait adopté pour emblème non pas le lis, mais l’iris. Celui-ci aurait ensuite été nommé « la fleur de Louis », expression qui, par corruption, aurait donné « la fleur de lys ».
  • Selon une autre version, cette fleur présente un pistil très développé, dont l’aspect phallique lui a valu de symboliser, dès l’Antiquité, l’acte sexuel et la fertilité. Peut-être d’ailleurs est-ce là l’origine du choix du lis comme emblème de la royauté française, les rois étant fort soucieux de leur descendance.
  • En armoiries, les fleurs de lis, armes du roi de France, imitent très imparfaitement trois fleurs de lis unies ensemble, celle du milieu droite et les deux autres ayant leurs sommités courbées en dehors.

GRAVURES

72 73 74 75 76 76

72 - G. ENGELMANN ( 1788 – 1839)
Représentation de Lys superbe
Lithographie. 1824
Coll. Château de St-Germain de Livet. n° inv. 57.1.363.

73 - LAMBERT aîné d’après Henriette, Antoinette VINCENT (1786 – 1830)
Représentation du Lis St-Jacques
Lithographie. Vers 1830.
Coll. Château de St-Germain de Livet. n° inv. 57.1.362.
 
74 - Ecole ombrienne : Portrait de sainte Claire
Gravure. Vers 1820.
Inscription : Scholae umbricae (en bas à gauche) / Eigenthum des Vereins zur Verbreitung relig. Bilder in Düsseldorf (en bas à droite)/.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. n° inv. 93.11.4(2).
La sainte porte un bouquet de lys dans sa main gauche, symbole de sa pureté.

75 - Fra Angelico (d’après) : L’Annonciation
Gravure. 1822.
Inscription : Ave Maria gratia plena (en bas à gauche) / Ecce Ancilla Domini (en bas à droite) / Fra Angelico da Fiesole pinx. (à gauche sous la gravure) / Fer. Ruscheweyh sc. 1822.
Coll. Musée d’art et d’histoire de Lisieux. n° inv. 93.11.2(2).
L’ange porte, dans sa main gauche, un bouquet de fleurs de lys.

76 - Six images pieuses
Impression.
Coll. Musée de Lisieux
Elles servent à souhaiter une bonne fête ou des souvenirs de confessions religieuses. Leur dénominateur commun est qu’elles ont toutes une représentation du lys, dont le symbole religieux est celui de la pureté.
1/ Nüffer - Sainte Claire – Gravure (n° Inv. 93.11.4 (2)).
2/ L’annonciation d’après Fra Angelico – Gravure.
3/ Joseph et son fils – 1951.
4/ Le Christ au milieu des lys – Vers 1950.
5/ Les fleurs du Christ, le lys –Profession de foi religieuse – 1903.
6/ Jésus, enfant, avec un jeune garçon – 1924.
7/ Jésus, enfant, entouré de lys.
8/ Jésus devant une corbeille avec des lys et en bas des chardons – 1925.


FAIENCE DE QUIMPER

77

77 - Une assiette au décor d’une fleur de lys
Faïence. Avec au dos inscription marquée : HB Quimper.
Manufacture de la Hubaudière, signé HB, circa 1880.
Coll. Privée.
HB sont les initiales de Hubaudière et de Bousquet. Cette faïencerie fut fondée par Jean-Baptiste Bousquet. Par alliance, elle passa à Pierre Bellevaux puis à Pierre Caussy. En 1805, de la Hubaudière, gendre de Caussy, prenait les rênes de la fabrique.
 

TABLEAUX

78 79

78 - ANONYME, d’après RIGAUD
Portrait de Louis XIV
Huile sur toile – XVIIIème siècle.
Coll. Musée de Lisieux
Les rois de France portent d’azur à trois fleurs de lis d’or.

79 - Léon RIESENER (1808 – 1878)
Liliums sur fond de forêt
Huile sur toile. 1838.
Coll. Château de St-Germain de Livet.

Cf. aussi les pavés du Pré d’Auge dans la section consacrée à la céramique et à la porcelaine.



[ANNEXE]
LANGAGE DES FLEURS

La symbolique des principales fleurs de l’exposition :

ANEMONE

La nymphe Anémone est aimée par le dieu du vent, Zéphyr et son épouse, la déesse des fleurs et des jardins, Flore, décide de l’éloigner. Zéphyr décide de la rejoindre. Flore découvre les deux amants et transforme en fleur fragile la tendre nymphe.
Anémone bleue : amour confiant
Anémone rouge : amour persévérant
Anémone jaune : amour constant
Anémone violette : amour fragile

CAMELIA

L’arbuste vient de Chine et arrive en Europe au XVIIème siècle. Son heure de gloire arrive au XIXème siècle. La première gorge célèbre à en être ornée est celle de Joséphine de Beauharnais. La fleur de camélia orna le corsage de Marguerite Gautier. Au XXème siècle, la fleur s’est à nouveau distinguée puisqu’elle a été la favorite de Coco Chanel, qui l’accrochait un peu partout, notamment au poignet.
Camélia blanc : attachement sincère non payé de retour
Camélia rouge : Vous êtes la plus belle
Camélia rose : Je suis fier de vous aimer

LIS

La fleur signifie pureté, innocence, candeur virginité.
    Ainsi que majesté, dignité, vertu et sagesse
    Et aussi fécondité.
Lis blanc : mes sentiments sont purs pour vous.

IRIS

Iris portait les messages des dieux aux hommes. Elle allait si vite qu’elle laissait dans son sillage une jolie bande colorée : l’arc en ciel. Iris aima le vent d’ouest et conçut Eros, le dieu de l’amour.
Iris bleu : amour et tendresse
Iris blanc : amour et confiance
Iris jaune : amour en bonheur

MUGUET

Ce n’est qu’à la fin du XIXème siècle que le muguet s’attache au premier jour de mai.
Muguet blanc : l’amour revient, mais peut-être coquetterie.
 
MYOSOTIS

Une jeune fille et son chevalier se promènent au bord d’un ruisseau. Elle veut un bouquet de myosotis proches de l’eau. Il s’avance, le sol lui manque et les flots l’emportent. Avant de disparaître, il a le temps de dire Vergiss mein nicht (Ne m’oubliez pas).
Myosotis bleu : amour éternel, ne m’oubliez pas

NARCISSE

Un jeune adolescent est beau. En châtiment de sa beauté et parce qu’il n’est pas un garçon facile, Artémis le condamne à tomber amoureux de sa propre image. Narcisse souffre de cet amour impossible et se laisse mourir.
Narcisse blanc : amour égoïste

ŒILLET

L’œillet est parfois réputé porter malheur au théâtre. Il est aussi associé à Marie-Antoinette et les dandys le mettaient à sur leur veste.
Œillet rouge : amour passion
Œillet blanc : amour fidèle
Œillet jaune : amour sincère non payé de retour.

PENSEE

IO, jeune nymphe, tombe dans les bras de Zeus qui la transforme en génisse. Elle se retrouve dans un pré et, en broutant, elle discerne quelques pensées dans lesquelles elle vit la preuve que ses anciennes connaissances pensaient toujours à elle.
Toutes couleurs : souvenir, pensée amoureuse, fidélité, amour inconstant et folie amoureuse.

ROSE

Une jeune nymphe est découverte sans vie. Aphrodite, déesse de l’Amour, redonne beauté à la nymphe et Dionysos, dieu du vin et de l’ivresse, lui confère son parfum entêtant et sa couleur. Les nuages chassés par le dieu du vent, Zephyr, permettent aux rayons d’Apollon que la rose s’épanouisse.
Rose blanche : Amour discret
Rose rose : Amour éternel
Rose rouge : Amour passion
Rose jaune : Amour infidèle à pardonner

TULIPE

Les premiers bulbes arrivent de Turquie et d’Iran au XVIème siècle en Europe. C’est en Hollande que l’engouement fut le plus fort. Elle y est vécue comme une plante bénéfique.
Tulipe jaune : amour impossible
Tulipe rouge : amour fou

Renseignements tirés de Michel BEAUVAIS, Le langage des fleurs, Editions Rustica, 2007.
 


retour
table des auteurs et des anonymes