BEAUNIS, Pierre (1580-1630): Le Tou-Beau Feu de la Memoire du Seigneur Mareschal de Farvaques. Avec le recueil des obseques & ceremonies qui luy ont esté faictes, en la Ville Episcopalle de Lisieux Dedié aux Dames de son alliance, et aux Chevalliers de l'Ordre, qui possedent ces Estats. Par Pi. Beaunis Sr de C & des Viettes, Historiographe du Roy.- A Rouen. Chez Marin Michel, Imprimeur demeurant prés la grande croche, MDCXIIII.- 15 p. ; in-8.
Saisie du texte et relecture : O. Bogros pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (13.III.2004)
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Texte établi sur un exemplaire (BM Lisieux : norm 528) de l'édition commentée, donnée par Pierre Le Verdier à Rouen par Cagniard en 1892 pour la Société des Bibliophiles Normands .
 
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[Introduction de Pierre Le Verdier]

Voici une petite pièce qui, à un réel intérêt, joint le mérite d'une insigne rareté. Bulletin éphémère destiné, comme ses pareils, à faire connaître la nouvelle du jour, nul n'a songé à le conserver. Le seul exemplaire connu semble être celui qui vient d'entrer à la Bibliothèque Nationale, où il a été placé à la Réserve, inscrit seulement sous le n° 66,131 des Dons, en attendant son classement définitif. Sans tarder, l'éminent Administrateur Général, notre bienveillant confrère, s'est empressé de le signaler à la curiosité du Bureau de notre Société.

Sous son titre baroque, Le tou-beau feu, etc. donne un récit des funérailles du maréchal de Fervacques.

Le personnage est trop connu pour qu'il y ait lieu de le présenter (1). Son nom est dans toutes les histoires de Henri IV et celles des règnes précédents. Guillaume de Haultemer, comte de Grancey, baron de Meauny, seigneur de Fervacques (2), maréchal de France, lieutenant-général au gouvernement de Normandie, etc., est né au château de Fervacques, prés Lisieux, vers 1537 ; il est mort, à Rouen, le 14 novembre 1613, rue de l'Hôpital, dans le vieil hôtel qui porte aujourd'hui le n° 1 de cette rue (3). Le 5 décembre on lui fit un service solennel en l'église des Minimes de cette ville (4). Ses entrailles furent enterrées dans la Cathédrale de Rouen (5), et son corps fut porté à Lisieux (6).

Le Tou-beau feu a paru susceptible d'être réimprimé. Ce récit des funérailles d'un grand de l'État, la description de la pompe, du cortège, de la cérémonie, l'énumération des personnages et des corps qui y figuraient, révèlent en effet des détails et des usages anciens qu'il est bon de recueillir (7).

Voici les points les plus saillants. D'abord, en attendant l'invention des billets d'enterrement (8), les funérailles étaient annoncées par des crieurs, porteurs de clochettes, accompagnés quelquefois d'un maître des cérémonies, qui proclamaient par les rues, avec les titres du défunt, sa mort et le jour de ses obsèques, invitant à y assister et demandant les prières pour le repos de son âme ; des invitations personnelles et verbales étaient faites en outre aux corps constitués et aux personnes de distinction. Le corps embaumé et enfermé dans un cercueil de plomb était transporté dans l'église où il devait être inhumé. Au cas présent, lé maréchal de Fervacques fut porté à Lisieux sur un charriot couvert d'un dais à ses armoiries, traîné par six chevaux et escorté de chapelains, de gentilshommes et de valets de pied. L'évêque vint à sa rencontre, et il fut déposé provisoirement, en une chapelle ardente, dans l'église Saint-Desir de Lisieux, d'où il fut convoyé en grande pompe, trois jours après, dans la cathédrale de la ville, lieu de sa sépulture.

Le cortège est consciencieusement décrit, et n'offre rien de bien particulier, sinon peut-être la présence des médecins et apothicaires, qu'on ne s'attendait pas à voir en ce lieu. Les pauvres, la maison du défunt, ses gentilshommes, les archers qui maintiennent l'ordre, etc., sont tous en deuil et portent des cierges ou des bâtons noirs, marqués aux armoiries du maréchal : D'or à trois faces ondées d'azur. Celles-ci se voient encore sur le dais, sur les caparaçons de velours noir et satin blanc des chevaux ; les riches caparaçons sont un profit abandonné aux valets de pied et palefreniers.

Des gentilshommes (9), ou des pages, à cheval, portent les armes et les insignes de Fervacques : l'enseigne; le guidon, demi-déployés et renversés, la lance de guerre, la pointe en bas ; l'épée, le casque, la cotte d'armes, les gantelets, les éperons, les colliers d'ordres sont posés sur des carreaux couverts de crêpe. Le cheval d'armes, tout caparaçonné, est mené par six valets de pied. Enfin le bâton dé maréchal est porté par le Commissaire des Guerres.

Après ces glorieuses reliques, que suivent les gentilshommes de la compagnie d'Ordonnances du maréchal, paraissent le clergé, le chapitre et l'Évêque. Ils précédent la dépouille mortelle : le coeur, qui doit être enterré le lendemain à Fervacques, est porté par un chapelain sur un carreau recouvert de crêpe ; le corps est porté par onze archers, sous un dais soutenu par quatre gentilshommes. Marchent, derrière, les plus proches parents du défunt, chacun d'eux accompagné d'un ou plusieurs personnages de distinction qui lui font cortége.

Le cercueil est déposé sous une chapelle ardente ; l'église est tendue de noir, décorée d'armoiries, éclairée d'un abondant luminaire ; l'Évêque officie ; la messe est dite en musique ; un religieux prononce une oraison funèbre. A l'offertoire, le conducteur ou maître de la cérémonie va saluer successivement les parents à qui est réservé l'honneur d'aller à l'offerte : chacun y est conduit par le gentilhomme qui l'escorte et est ramené de même à sa place.

Enfin, le service achevé, le corps est descendu dans le caveau, en présence de toutes les marques d'honneur de l'illustre défunt, armoiries, enseignes, armures, épée, ordres, que l'on y a réunis comme pour lui dire un suprême adieu. Le bâton du maréchal enfin est brisé sur le cercueil. Tout est fini.

L'inévitable festin est offert alors aux assistants, divisés suivant leur rang et leur condition (10).

*
**

Resterait maintenant à parler de l'auteur de la relation, Pierre BEAUNIS, sieur de CHANTERAINE et des VIETTES, si l'on en connaissait quelque chose. Mais sa vie nous échappe absolument. Était-il Normand ? Mystère (11). Pourtant il était connu à Rouen, et, malheureusement, pas à son avantage : on le verra tout à l'heure. Tout ce que l'on sait, c'est qu'il se qualifiait historiographe du roy, ou de leurs Majestés, référendaire domestique de Mgr de Roquelaure, orateur de M. le Prince. Le premier de ces titres n'était point usurpé. Lacurne de Sainte-Palaye, le lui reconnaissant, a inscrit Pierre Beaunis dans sa liste des historiographes de France ou du Roy (12).

Au reste, la nuit profonde qui pèse sur le nom et les actes de l'historiographe ne mérite guère, semble-t-il, d'être éclaircie. Beaunis a laissé un certain nombre de pièces historiques ou anecdotiques, dont les titres sont plus réjouissants que le fonds. La Bibliothèque Nationale en possède dix-sept différentes (13): Le P. Lelong (Bibl. histor., tome 11, n° 27564) en cite une dix-huitiéme : Le cahier royal divulgué en quatre, parties notables par la convocation des députés assemblés à Rouen, le 4 décembre 1617 ; Rouen, Courant, 1618 (14); A propos d'une autre : Le hola des gens de guerre, fait par le messager de la paix, qui aurait fait la trève par l'esprit de la cour. Dédié à Monsieur, frère du roi, qui donne la sauvegarde aux paysans et la licence aux gens de guerre, Paris, A. Champenois, 1614, le P. Lelong ajoute : " Je ne connais rien de plus extravagant et de plus fol que cette pièce. " (Bibl. histor., t. II, n° 20184) (15).

L'opinion populaire, vox populi, vox Dei, ne lui était guère plus favorable. Pour David Ferrand, auteur de la Muse, ce devait être une sorte d'innocent :

No le voulut duper ainchin que des Viettes (16).

Ce devait être un fou à interdire, au moins à priver de sa plume, si le jugement est vrai de l'auteur du Dialogue entre deux drapiers de S. Nigaize, sur les controverses preschees par le P. Veron..., le tout en langage de la boise :

Bref chais livrets plains de chornettes,
Qui, comme cheux de Des Vielles,
N'ont sens, ni rime, ni reson (17).

La vérité en effet semble être que Pierre Beaunis était un original, un excentrique ; pour ne rien dire de plus. La plupart de ses compositions inspireraient le même jugement que Le hola des gens de guerre. A côté de fragments où l'on peut saisir d'utiles renseignements (et tel est le cas du Tou-beau feu), paraissent les pages les plus desordonnées, au style le plus énigmatique. Sans s'imposer la lecture de telles oeuvres, on peut s'arrêter à leurs titres : presque tous sont incompréhensibles ou étranges. Nous en avons déjà cité plusieurs ; le Tou-beau feu ne dépare pas la collection. En voici encore deux autres :

La sapience manifestée par le rapport du double de la lettre de Monseigneur le Prince, avec le double de la réponse de la reine regente, qui ont été imprimés à Paris, où les deux doubles par accord d'augmentation font un quadruple, valant treize livres ici historié. Dédié au roi par l'esprit de la cour qui gouverne PRIERE VA BENIS (PIERRE BEAUNIS), S. DES VIETTES, historiographe du roi. Paris, 2 avril 1614.

La recreation mondaine condescendue au voyage et retour de monseigneur le Prince, pair de réjouissance, ayant vu les desseins des étrangers à sa réception, qui a este faicte sous l'enseigne du Prévoyant (18) à Paris, le vendredi 16 de juillet, et à la cour de Parlement le 23 dudit mois prêté le serment, l'an donné de grâce seize cent dix, je le dis, étant DE BEAUCHANTERAINE, sieur DES VIETTES, historiographe du roi et orateur de M. le Prince. Paris, ceci a été fait pour donner, desirant recompense en avoir, par P. B., imp. dudit auteur.... le 26 juillet 1610.

Comprenne qui pourra.

P. LE VERDIER.

Le Tou-beau feu est reproduit avec la plus minutieuse fidélité, page pour page, ligne pour ligne.


Notes :
(1) Cf. Biogr. gén. Didot ; le P. Anselme, VII, p. 395 ; Th. Lebreton, Biographie normande, etc.
(2) Fervacques, canton de Livarot. Ou dit et l'on écrit communément Fervacques. Cependant ou trouve aussi Farvacques, et c'est ainsi que signait le maréchal : sic, une lettre autographe au cardinal de Joyeuse, archevêque de Rouen, du 28 avril 1608 (Arch. de la S.-Inf., G 4500). - Fervacques possède encore son curieux château des XVIe et XVIIe siècles.
(3) Ch. de Reaurepaire, Dernier Recueil de notes histor. et archéol., p. 30.
(4) V: Appendices, la description de ce service, d'après le registre de l'Hôtel-de-Ville.
(5) " Se sont presentez en chapitre deux genthilshommes envoiés de la part de madame la mareschalle de Fervasques, lesquels supplyoient le chapitre permettre que les entrailles dudit sieur mareschal fussent enterrées en ceste église. Renvoié aux sieurs intendants de la fabrique pour donner le lieu et en conférer avec M. Dermival. " (Reg. capit., 16. novembre 1613, Arch. de la S.-Inf., G 2182, f° 306.)
(6) Le coeur du maréchal fut déposé dans l'église paroissiale de Fervacques.
(7) Cf. notamment : Discours veritable sur la mort, funérailles et enterrement de deffunct messire André de Brancas, etc., Rouen, chez Richard Lallemant, 1595, et ses réimpressions, (Société rouennaise de Bibliophiles, Rouen, Cagniard, 1879) ; - L'Anniversaire ou bout de l'an de feu Monsieur de Bréauté, par Jean de Rouen, à Paris, par Estienne Prevosteau, 1606. (Réimpression par la Société des Bibliophiles Normands, Rouen, Cagniard, 1882.)
(8) Cf. Discours de M. Ch. de Beaurepaire à la Société des Bibliophiles Normands (séance du 15 mai 1884).
(9) Sur les personnages dénommés dans le Tou-beau feu, voyez, Appendices, les notes par lesquelles nous avons essayé de les identifier.
(10) Point de détails à demander, sur ces obsèques, aux registres du Conseil de ville, du baillage, ou du chapitre de Lisieux, pour l'année 1613 ; ils semblent perdus et ne se trouvent ni aux archives du Calvados, ni à celles de la ville de Lisieux.
(11) On en peut douter, si l'on considère que tous ses opuscules connus ont été imprimés à Paris, à l'exception d'un seul imprimé à Rouen : Le caier royal, etc. ; et d'ailleurs il a pour objet un événement rouennais, l'Assemblée des Notables de 1617.
(12) Dict. des Antiquités françaises (Bibl. Nat., mss., fonds Moreau, n° 1518, f° 92).
(13) On en trouvera les titres au Catalogue de l'Histoire de France (Bibl. Nat. -Imprimés. - In-4), tome I, p. 408, n° 819 ; p. 411, n° 874 ; p. 434, n° 99 ; p. 431, n° 150 ; p. 442, n° 210 ; p. 445, n° 262 et n° 274 ; p. 452, n° 394 ; p. 455, n° 467 ; p. 484, no 1030 et n° 1033 ; p. 486, n° 4659 ; p. 488, n° 1102 ; tome X, p. 465, n° 3439 et n° 3461 ; p. 410, n° 3570.
Trois de ces pièces se trouvent à la Bibliothèque Municipale de Rouen, fonds Leber : catalogue Leber, n° 4212, portef. I, Le lourdaud vagabond ; ibid., portef. III, Le plaidoyer des préséances ; n° 4280, Le definement de la guerre.
(14) Citée aussi par Ed. Frère, Manuel du Bibliographe normand.
(15) Comme exemples de bizarreries, on peut lire les pages 3, 13 et 15 du Tou-beau feu.
(16) V. Muse Normande, liv. I, Responce de Glaudre à sa mere Anez.
(17) V. la savante et précieuse édition de la Muse, de M. Héron, t. I, p. 191 (Soc. Rouennaise de Bibliophiles).
(18) Dans plus d'un des titres de ses pièces, comme à la page 13 du Tou-beau feu, Beaunis semble se donner le surnom du Prévoyant ; ailleurs, il s'appelle l'Esprit de la Cour.


 
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LE
TOU-BEAU FEU
DE LA MEMOIRE.
du Seigneur Mareschal de
F A R V A Q U E S.
 
Avec le recueil des obseques & ceremonies qui luy
ont esté faites, en la Ville Episcopalle de
Lisieux.
 
AUX ENTENDEURS.
 
Salut.

Messieurs & Dames, de son appartenance, ont esté desireux de le faire sçavoir aux nobles signalez amis dudit feu Seigneur Mareschal, Gouverneur de la province de Normandie. Où ils auroient fait advertir par leur mandat de pries misivez les gens-darmes de sa compagnie d'ordonnance, suyvant la liste Seigneurialle d'iceux attentifs qui auroyent le soing de se presenter à assister leur chef & membres au logement d'iceluy surpassant les arches & archers de sa mareschaussée qui auroyent mesmes leur assinat tous au 10. Decembre 1613 ou estoit leur rendez vous à Lysieux.

Auquel jour precedent messieurs ces gentils hommes ordinaires & officiers servans l'ont conduit & assisté de la ville de Rouen, à la presence de deux chappelains aumosniers qui ensemblement l'auroient tousjours assisté jusqu'en la ville de Lysieux, où Monsieur l'Evesque dudict lieu alla au devant le recepvoir accompagné des notables du clergé & habitans de la ville où il fut rencontré dedans un cha­riot couvert d'un dez en façon de ciel de velours noir & satin blanc fait en ondes croi­sades ou estoient apposez quatre armarie de son ordre dorés estimez à grande valeur que six chevaux tiroyent estant caparençonnez d'estoffes blanches & noires en croix dont y luy avoit deux cochers qui les conduisoient assisté de deux Chappelains, & six vallets de pied trois de chacun costé, accoustrez en dueil arrivant & passant au travers du faux­bourg de la ville pour aller à la Parroisse & Eglise de Saint Desir antree d'Auge, lequel temple estoit orné par appareilleurs & tendeurs de draps noirs & de velours par dessus au mitan ou le corps y fut par archers descen­du & mis soubz une chappelle ardante ou il y a reposé trois jours & autant de nuicts le peuple estoit ému allentour de devotion avec les Curez & Chappelains qui faisoyent les prieres continuelles.

Comme ils avoient entendu que c'estoient le desir de sa derniere volonté non-obstant que ceux de la ville de Rouen, l'avoyent gardé sain & malade & avoient pour iceluy fait prieres generalles ou les Cours s'estoyent ensemblez tant à son hostel où il estoit à son siege de pontificat en biere qu'à la Religion des Peres Minimes où le corps y a esté porté apres avoir esté ouvert separé & dedans un cerceuil de plomb embammé.

Les crieurs de la ville de Rouen, furent commandez d'aller par les ruës, le recommander aux prieres des habitans charitables où les crieurs de patenostres de la ville de Lysieux furent assistez du Maistre des Cere­monies qui disoit, après les cloches sonnez.

Messieurs vous prirez Dieu pour l'ame du Haut & Puissant Seigneur Feu Mesire Guillaume de Hautemer, Mareschal de France en son visant Conseiller du Roy, en ses Conseils d'Estat : & privé Chevalier des deux ordres Lieutenant & Gouverneur pour sa Majesté, en son pays & Duché de Normandie, Conte de Grand Cay, Baron de Manny, Seigneur de Farvaques, qui decedit le 14. jour de Novembre 1613. lesquels ses amis vous prie d'assister à Vigiles qui commenceront de relevee & à demain on fera le service.

Le Tou-beau il est mort pour luy
Et c'est rendu immortel pour autruy,
A ce que son nom à le pouvoir
Sur nous douceur faire plouvoir.

Le Jeudy 12. jour de Décembre icelles obseques & ceremonies commencerent à paroistre à l'Eglise de saint Desir qui estoient obscures & fut enluminee de sierges, flambeaux, & torches, où se trouva grand nombre de pauvres, donc il y en eut cent saize de robes & chaperons en dueil revestus, & chacun une torche de sir jaune qu'on leur baille en main avec armarie dudit feu Seigneur dessus appo­sez : lesquels furent mis en ordre par Archers de la mareschaussé qu'estoient en dueil, ayant bastons noirs en la main, les reglant iceux revestus des deuz costez de la rüe, mis au droict les uns des autres.

Après marchoyent neuf charitez & deux confraries d'ifferentes en leurs chaperons suyvirent les bons hommes estant en prières.

Suyvoient un grand nombre de Curez, Prestres des villages subiez audit Seigneur.

Suyvoit les Capucins en devotion.

Marchoyent apres les Bourgeois, & eschevins de ladicte ville, aucuns en dueil.

Suivoit le corps de la police, & Baillif vicontal, ayant le dueil & bonnet carré.

Suivoit le Suyce de la porte, qui portoit le dueil sa halebarde la pointe en bas.

En ordre marchoyent les officiers domestiques servants estant en dueil.

Suivoyent Surgiens ; Apotiquaires & Medecins, ayant robbes & bonnets carrez.

Marchoyent les valets de chambre, & argentiers en dueil bastons noirs en la main.

Suivoient Secrettaires commis, & recepveurs.

Marchoyent les Maistres d'Hostel l'espee au costé en dueil, & bastons noirs en la main.

Suivoyent les trompettes de sa compagnie.

Apres Monsieur de Chaselle en dueil monté, sur un cheval caparençonné de velours & satin blanc, portant le guidon attaché à une lance la pointe en bas, où estoit pour remarque une navire depeinte, auquel ledict Seigneur estoit representé en effigie armé de toutes pieces, regardant l'estoille marine entourée de fleurdelys, & au bas estoit escrit, Fidiis hoc fidus amicum.

Estoit Monsieur de Breauté monté comme cy dessus en dueil, lequel portoit l'enseigne à demy desployée, attachée à une lance la tenant la pointe en bas, où estoit representé une croix, & armoiries dudit Seigneur.

Marchoit un page monté comme cy dessus, accoustré de velours qui portoit la lance de guerre, la pointe en bas.

Autre page qui portoit sur un carreau les esperons couverts de crespe noire.

Autre page qui portoit les gantelets.

Autre page qui portoit l'espee de guerre.

Autre page qui portoit le casque d'Armes.

Autre page qui portoit la cotte d'Armes, le tout couvert de crespe habilez de velours.

Marchoyent six valets de pied, qui conduisoyent le cheval de bataille, caparençonné des estoffes cy dessus enrichies de frenge de soye broderies, & clinquants d'Argent.

Monsieur l'Escuyer en dueil l'espee au costé.

Son ordre fut portee par le Prevost qui la portoit sur un carreau entre ses bras, à demy desployee couverte de crespe noire.

M. Le commissaire des guerres qui portoit le baston de Mareschal de France.

Marchoyent ses gentils-hommes ordinaires accoustrés tous en dueil, allant en ordre de monstre bien tristement aucuns la larme à l'oeil.

Messieurs du Clergé, des paroisses d'icelle ville, & chanoines assemblees qui çhantoyent, Quid dicam vel quid faciam.

M. L'Evesque de Lysieux, ayant son mistre accompaigné de ceux qui portoyent sa crosse, & bastons pastoraux donc il fist lever, Le coeur du feu Seigneur. Par un des chappelains, lequel il le portoit sur un carreau enchassé couvert de crespe assisté de deux aumosniers qui portoient des cierges de cire blanche.

Le corps, & cercueil dudit Seigneur feu Mareschal, à esté levé & retiré de l'Eglise de S. Desir de dessoubz la chappelle ardante où le feu consommoit les cierges qui estoyent préparez pour l'effaict & le ciel fut ensemblement porté par onze archers qui alloyent par reposees à cause du cercueil qui etoit pesant, & le dez fut soustenu par quatre gentils-hommes, qui estoyent M. de moulin Chapel, M. de Sallenelles, M. de Drubec, M. le commandeur de Viepont.

Ainsi fut conduit par ordre, & cérémonie du depuis icelle paroisse jusques à l'Eglise cathedralle de S. Pierre de Lysieux, qui estoit appareillée & ornée en dueil, & la chappelle preparee avec la voute & arche faicte, pour inhumer le corps d'iceluy feu Mareschal.

Qui fut suivuy par Monsieur de prie Baron de Toussi son fils en loy, & lieutenant estant en long dueil, & babelou allant à pied donc gentils-hommes portoyent la queüe de sa robbe apres luy.

Monsieur de Ravetot autre fils en pareil deuil conduit par Monsieur de la Maillerez.

Monsieur le Baron de Toussi fils dudict sieur de Prie, en pareil dueil conduit par Monsieur de Bellefons.

Monsieur le jeüne Chevalier de Medavid en dueil & babelou comme cy dessus, conduit par M. de Mouis, & M. le Chevalier de Medavid son oncle, qui estoyent remarquables, comme étant presomptis heritiers en la succession dudit feu à cause des Dames filles du dessusdit Seigneur.

Monsieur de la Ferté petit fils aisné estoit assisté de M. de la Chevallerie, M. le Baron de Maillot, & M. de Bois Josse, & autres chefs capitaines, signallez qui en avoyent esté conviez, que mesmes ceux qui y estoyent venus de bonne volonté, avec ses gens-darmes, pour assister aux obseques convoy ceremonie lesquels allant posément en ordre passèrent par la place prez du Palais ou estoient les contemplatifs, pour voir entrer iceux dedans l'Eglise, & la descente d'iceux Cheualiers ; où les valets de pied, & palfreniers se saisirent des chevaux réclamant les estoffes leur, debvoir appartenir.

Voyant la foule & prese qui y estoit, M. l'Evesque fist porter le corps par un autre porte plus libre qui est au droit du coeur & annef de la susdite Eglise & fut posé par iceux archers soubs une chappelle ardante qui estoit enluminée & aux autres endroits il y avoit grand nombre de cierges allumees qui esclairoient à tous religionnaires qui y assistoyent où M. l'Evesque se prépare & dispose à celebrer le divin service qui fut chanté en musique, & l'Oraison funebre fut faicte par un pere Capucin cependant que les honneurs se prepa­royent pour aller à l'Offertoir.

On commença le conducteur de la ceremonie à saluer reverentieusement toute la compagnie, faisant faire place à ceux à qui l'honneur en appartenoit, donc il fit lever M. de Prie lequel alla presenter son oblation à l'Offertoir, pour ledict feu Mareschal, en sa qualité. Apres fit lever M. de Ravetot qui fut conduit par le sieur de la Maillerez puis fit lever M. le Baron de Toussi qui fut conduit par le sieur de Bellefons. Aussi fist lever M. le jeune Chevalier de Medavid, qui fut mené par M. de Mouis, & furent tous reconduits en leur places proches d'iceluy corps.

Le service estant celebré, le cercueil fut levé en grand honneur, & porté devant l'Ima­ge nostre Dame, où estoit le preparatif, en ar­che voutee, & l'autel orné pour subvenir à la reception de ce dernier honneur temporel, fait soubz la reverence d'iceluy sieur Evesque qui avoit donné le consentement du lieu desiré pour la sepulture d'iceluy Seigneur, qui estoit massonné de carrëau, efleué de la terre, & eslevé de la terre pour avoir esté mis fur des treteaux de fer, où il fut defcendu, & mis en repo par des dessusdits archers, qui osterent le dez de dessus le cercueil, que messieurs les chanoines prindrent pour recepvoir toute l'Ordre servante a lart militaire portees par les dessusdicts nommez pages & officiers, qui representoient leur protestation de fidelité pour le service de la guerre, & que leur pardon estoit ou quitte pour rendre, aussi le tou-beau feu paroist sur les armes dorez qui sont apposez fur le haut de sa chappelle ardante, à la veüe du monde, où sont estendars guidons, & enseignes qui raffraichissent les esprits de sa me­moire.

Les pauvres revestus par aumosnes empor­terent leurs torches, les archers & maistres d'hostel leurs bastons noirs, le baston de Ma­reschal de France fut rompu, qui causa la fin de sa sepulture, par la tombe de quoy il fut couvert, presence de toute l'assistance qui vindrent raconduire le sieur de Pries, qui fut recogneu porteur de l'enseigne du prevoyant pour avoir pourveu.

Avec quatre Dames pareilles
Qui ont le grand dueil à partager,
Du feu de larmes esprins és oreilles,
L'autre de Prie il y faut songer.

Pour avoir envoyé sur les monts d'eraines, esprits advertir les principalles courts souveraines, Regnes, Rouen, Paris, Toullouse, Poi­tiers, & Bordeaux, & les nobles amateurs, D'autours, Laniers, Tiercelets, & Gerfaults, qui vollerent en l'air, qui causa que pour la mort, du Seigneur de Hautemer que par le bruit du tonnerre toutes les eaux en ont trou­blé, par la cheute et tombe en basse-mer.

Pour avoir esté par prieres conduit, aux universitez specialles, où sa memoire de cervelle, & indestins sont enchaffez par sepultu­re, à l'Eglise de nostre Dame de Rouen, & son chef & membres, estl en repos dedans l'Eglise de S. Pierre de Lysieux, & son coeur le mesme jour fut porté, et assiegé en l'Eglise du bourc de Farvaques.

Pour lequel feu Seigneur avoit esté preveu par les dessusdits pourvoyans, a faire dresser un festin planier, où les animaux & poyssons qui se forment par eux du ciel, y auraient assisté, que les affineurs traiteurs qui avoient entreprins de rendre contemps toute l'assem­blee de viandes & saulces délicates, fruits crux & à la compote, linge tables, & tout ce qui du festin despend, le tout servi en vesselle d'argent.

Allant servir iceux en leur qualitez, estant en une grande spacieuse et basse salle où il firent l'assiete & assemblee des signalez conviez servis à double service.

A la chambre de dessus estoient gens-dar­mes de sa compagnie, & archers de sa Mareschaussé, qui n'avoient manqué au debvoir.

Les gentils-hommes ordinaires se retire­rerent au train, où estoient les officiers servans qui n'assisterent au festin fait en plain chapi­tre, qui estoit porté par les jardins de l'officialité, a la veuë & convoy de ceux qui y avoient assisté.

Le lendemain iceux ordinaires estant d'un concorda ayant entendu que le baston de Mareschal estoit rompu, & qu'il failloit vivre en extra firent la deploration pour les estropiez de moyens, qui les causa d'une reunion d'aller faire celebrer un special service pour iceluy chef deffunt Seigneur, y assistans catholiques & autres, comme il font à la Veeprialecane, lesquels prindrent & donnerent de l'eau Beniste sur le tou-beau d'eteignant le feu qui conserve les esprits, puis allerent à l'Offertoir rendre leurs oblations pour continuer le service qu'ils allerent offrir devant l'Autel, et à sa porte qui pour luy n'avoit pas ouvert.

Le tou-beau feu de fa memoire reluit au ciel
Avec les ondes de son nom fini qui est le dernier
Des anciens chefs, cheraphins ne le faut denier
Que pour le soustien de la couronne a bu miel
Qui fait florir sa renommee par le nom qui flotte
Avec ses aliez voisins tentez en sa revolte
De bien vivre pour mourir en paix à leur aise
A l'an dernier feu passé saize cens traize.

 
Je m'entens en texte, & en prose,
Pour l'An saize cens quatorze.
 
FIN.

 
vers l'image agrandie
 
APPENDICES
 
I
 
Extrait du REGISTRE DES DÉLIBÉRATIONS DE L'HÔTEL-DE-VILLE DE ROUEN. (A 22, f° 362).

Le jeudy cinquiesme jour de decembre mil six centz traize, de matin, estans Messieurs les six Conseillers eschevins, assemblés en leur bureau s'est présenté le sieur de la Ronce, gentilhomme de feu Monseigneur le Mareschal de Farvasques, vivant lieutenant general pour le Roy au pais et duché de Normandie, lequel a semondz et prié la compagnie de la part de Madame la Mareschalle et heritiers dud. deffunct seigneur d'assister demain dix heures du matin au service qui se celebrera en l'eglise et monastere des Minimes de ceste ville de Rouen pour le salut de l'ame dud. deffunct seigneur le Mareschal de Farvasques. Et a l'instant fust enjoinet à Robert Fortin, sergeant royal et de l'hostel commun de lad. ville faire la semonce de Messieurs les vingt quatre du conseil et officiers pour se trouver en l'hostel commun dud. Rouen le lendemain neuf heures du matin. Ausquels jour de lendemain et heure se trouverent aud. hostel lesd. sieurs du conseil et officiers, d'ou sur lesd. dix heures ou environ le corps de la ville mené par Monsieur Le Roux, sieur de Sainct Aubin, lieutenant general au bailliage de Rouen, partist et devant icelluy marchoient les harquebusiers et cinquantaine ayant un baston noir et le sergeant de lad. ville ; et s'achemina led. corps ainsi accompagné jusques aud. monastere des Minimes, ou se debvoit celebrer led. service et auquel lieu reposoit le corps dud. deffunct ; dans le coeur de lad. Eglise, vis a vis du grand autel d'icelle, estoit le corps dud. feu seigneur soubstenu sur des treteaux et dessus le cercueil un grand drap de velours noir croisé de satin blanc avec plusieurs armes du deffunct, et par dessus icelluy cercueil estoit comme un dais aussi de velours noir entouré de cierges aux armes dud. deffunct et aux quatre coings dud. dais y avoit quatre gros cierges aux mesmes armes en broderie d'or et d'argent et ce aux despens desd. heritiers. Et fust la messe celebrée avec grande devotion ou assisterent plusieurs de Messieurs les presidens et conseillers de la court de Parlement et des Aides (1), et la messe finie après avoir tous donné par ordre de l'eaue beniste sur le cercueil dud. deffunct se retirent lesd. sieurs du conseil accompagnés comme cy dessus aud. hostel commun et de la en leurs maisons.

(1) Les registres du Chapitre de la cathédrale, ceux du Parlement et de la Cour des Aides ne portent aucune mention de la mort du maréchal de Fervacques ni du service qui fut célébré.
Les membres du Parlement se rendirent en grand nombre aux Minimes. Quant à la Chambre des Comptes elle n'y parut pas, au grand scandale de la famille du maréchal. L'intérêt que l'on portait alors à tout ce qui touchait à l'étiquette et aux préséances explique que la maréchalle en ait adressé sa plainte à la Compagnie. Le plumitif de celle-ci le constate et on y trouve exposées les raisons de son abstention : l'on n'avait invité que messieurs de Fumechon et de Rassent, présidents, et les gens du roy, et l'on n'avait point prié tous messieurs les maîtres ; d'ailleurs il se trouva à la cérémonie tant de conseillers du Parlement que tous les bancs et sièges du choeur étaient occupés, et pour le debat et seance on n'eût pu bien s'accorder sur le lieu. (Arch. de la Seine-Infér., Plumitifs de la Ch. des Comptes, B 563, f° 117.) Autrement dit, l'on s'est abstenu, parce que l'on a craint, vu l'exiguité du lieu, d'avoir des places inférieures. Humiliation et préséance : on sait ce que ces deux mots ont jadis engendré de conflits
.

 
II
 
Notes sur les personnages dénommés dans le Tou-beau feu.

L'ÉVÊQUE DE LISIEUX. - François Rouxel de Médavy, né en 1577, pourvu de l'abbaye de Cormeilles en 1592, de celle de Saint-André en Gouffer, en 1593, évêque et comte de Lisieux en 1598 ; mort en 1617 (P. Anselme, VII, . 511). Étant à Rouen, le 18 août 1612, prêta le serment d'usage au Chapitre métropolitain (Arch. Seine-Inf., G 2182, f° 242). Il était le frère de Pierre Rouxel, baron de Médavy, gendre du maréchal de Fervacques.

M. de CHASELLE porte le guidon du maréchal. - Il nous est inconnu. Sur le guidon, dit le Tou-beau feu était peinte une allégorie avec la devise fidiis hoc sidus amicum : nous avons reproduit exactement, mais nous pensons qu'il faut lire fidis.

M. de BRÉAUTÉ. - Adrian-Pierre de Bréauté, né en 1599, fils de Pierre, qui fut assassiné en 1600 à Bois-le-Duc, en Hollande, et de Charlotte de Harlay, périt à son tour sous les murs de Breda en 1624, sans postérité. (V. l'Introduction, par le vicomte d'Estaintot, de l'Anniversaire de Messire Adrian de Bréauté, etc., déjà cité.)

M. de MOULIN-CHAPEL. - Charles (alias François) de Pommereuil, chevalier, sr de Moulin-Chapelle (paroisse de la Houssaye, près Conches). - V. P. Anselme, II, p. 427 et 432.

M. de SALLENELLES. - Jacques Le Brun, chev., sr de Sallenelles, Breville et Beuzeval en partie, gentilhomme de la chambre du roi ; l'une de ses filles épousa le baron de Mailloc, infra.

M. de DRUBEC. - Jean Malet, sieur et baron de Drubec, qui fut chevalier de l'Ordre et gentilhomme de la chambre du roi ; marié à Madeleine de Choiseul du Plessis ; était neveu du maréchal de Fervacques, ayant pour mère une sieur consanguine de celui-ci, Françoise de Hautemer, femme de François Mallet, sieur de Drubec et de Taillanville, chevalier de l'ordre du roi. (P. Anselme, VII, p. 395 et 872.)

M. le commandeur DE VIEPONT. - Gilles de Vieuxpont, chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, commandeur de la Croix en Brie, Grand Hospitalier de Malte, fils de Guillaume, sr de Chailloué, et petit-fils de Jean, sr de Chailloué et d'Anne d'Annebaut, soeur de l'Amiral. (La Roque, Hist. de la Maison d'Harcourt, II, p. 1579.)

M. de PRIE, baron de Toussy. - Gendre du maréchal, ayant épousé sa fille ainée, Louise de Hautemer, dame de Fervaques et de Plannes, veuve de Jacques de Hellenvilliers, sr d'Avrilly. Le maréchal avait épousé en premières noces Renée l'évêque de Marconnay, en 1558, et, en secondes noces, Anne d'Alegre ; il n'eut pas d'enfants du second mariage ; il avait eu trois filles du premier. - Aymar de Prie, chevalier, baron, puis marquis de Toucy, baron de Montpoupon, sr de de Thesmillou, etc., capitaine de 50 hommes d'armes des ordonnances, chevalier des ordres du roi, fut député de la noblesse d'Auxerre aux états Généraux de 1614. Il descendait d'Aymar de Prie, grand maître des arbaletriers de France, marié à Claudine de la Baume-Montrevel, et se trouvait ainsi cousin du maréchal de Fervacques, dont la mère, Anne de la Baume-Montrevel, avait la même origine. (P. Anselme, VII, 48, 395 ; VIII, 118.)

M. de RAVETOT, - François de Canouville, baron de Raffetot, fils d'Antoine et de Françoise, de la Motte de Montigny, autre gendre du maréchal, marié à sa troisième fille, Jeanne de Hautemer, veuve de Claude d'Estampes, sr de la Ferté-Imbault. Mort sans postérité. (P. Anselme, VII, 395 ; V. A la mémoire de messire Claude Le Roux, etc., s. l. n. d., in-4.)

M. de la MAILLEREZ. - Jean de Mouy, sr de la Mailleraye, chevalier de l'ordre du roy, capitaine d'une compagnie de 100 hommes d'armes, vice-amiral de France, conseiller d'état, lieutenant général au gouvernement de Normandie. (P. Anselme, IX 75.)

M. le baron de TOUSSY, fils du sr de Prie. - Louis, baron ou marquis de Toucy, etc., fils d'Aymar et de Louise de Hautemer, petit-fils du maréchal de Fervacques. (P. Anselme, VIII, p. 120.)

M. de BELLEFONS. - Bernardin Gigault, sr de Bellefons, gentilhomme de la chambre du roi, gouverneur de Valognes et des ville et château de Caen.

M. le jeune chevalier de MEDAVID. - Petit-fils du maréchal de Fervacques. Guillaume de Médavy, comte de Marcy, sr de la Mothe-Médavy, né en 1606, reçu chevalier de Malte à l'âge de six ans, en 1612, maréchal des camps et armées, tué au combat de Bléneau, en 1652 ; fils de Pierre Rouxel, baron de Médavy, comte de Grancey, chevalier de l'ordre du roy, bailli d'Alençon et d'Évreux, conseiller d'état, lieutenant général en Normandie en 1613, mort à Rouen en 1617, qui avait épousé la seconde fille du maréchal, Charlotte de Hautemer, comtesse de Grancey. (P. Anselme, VII, 568, 572.)

M. de MOUIS. - Jacques de Mouy, frère cadet de Jean, sr de la Mailleraye (ci-dessus), capitaine de 50 hommes d'armes des ordonnances, chevalier de l'ordre du roy. (P. Anselme, IX 102.)

M. le chevalier de MEDAVID. - Jacques Rouxel de Médavi, frère de Pierre et de l'évêque de Lisieux, né en 1582, chevalier de Malte, grand-prieur d'Aquitaine, etc., ambassadeur de son ordre en France, mort en 1647. (P. Anselme, VII, 571.)

M. de LA FERTÉ. - Petit-fils du maréchal. Jacques d'Estampes, marquis de la Ferté-Imbault, prit part à presque toutes les campagnes depuis 1617 jusqu'à 1649, maréchal de France en 1651, chevalier des ordres du roi, etc., mort dans son château de Meauny en 1668, était fils de Jeanne de Hautemer, dame de Meauny, troisième fille du maréchal, remariée à François de Canouville, baron de Raffetot, et de Claude d'Estampes, sr de la Ferté-Imbault, capitaine d'une compagnie de 50 hommes d'armes et des gardes du corps de François, duc d'Alençon. (P. Anselme, VII, 395, 545.)

M. de LA CHEVALLERIE. - Il nous est inconnu ; les fiefs de ce nom sont assez nombreux dans le Calvados. Je trouve aussi Pierre de Morseng, sieur de la Chevallerie, près Pont-Audemer, qui épouse, en 1662, Marie de Piperey, de Marolles, près Lisieux ; un Robert de Hamuel, sieur de la Chevallerie, demeurant à Rouen, l'un des 100 gentilshommes de la chambre du roi, en 1599.

M. le baron de MAILLOT. - François de Mailloc, baron du lieu, de Cailly, de Tours en Vimeu, etc., chevalier de l'ordre et gentilhomme de la chambre du roy, marié le 10 mai 1610 à Françoise le Brun de Sallenelles, dont le père, Jacques Le Brun de Sallenelles, est mentionné à la page 9.

M. de BOIS-JOSSE. - Il nous est inconnu ; il y a une commune de Boisjosse dans l'Eure-et-Loir.

M. DERMIVAL. - Jean du Bosc, esc., sr d'Hermival, lieutenant de robe courte au bailliage d'Evreux et grand prévost de Normandie.


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