BEAU, B. (18..-19..) : Une Apologie du Cannibalisme (1909)
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Texte établi sur l'exemplaire de la Médiathèque du n°4 - VIe série- 15.2.1909 de LA REVUE (ancienne Revue des Revues).


Une Apologie du Cannibalisme

par

B. BEAU
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Dans les papiers d'un missionnaire du XVIIIe siècle ; nous avons eu autrefois la bonne fortune de découvrir les pages qui suivent. C'est le discours qu'un « piaï » ou sorcier caraïbe adressait à ses compatriotes, pour protester contre la propagande anticannibaliste que faisait parmi eux le chrétien. On trouvera sans doute que pour un sauvage, ce piaï parlait d'une façon fort académique. Il était peut-être parent du Huron de Voltaire. Il est permis de croire aussi que le missionnaire qui nous a rapporté cette harangue, avait été nourri dans l'étude des belles-lettres et qu'il a transcrit en style de philosophe le rude langage du sorcier. La forme, du reste, importe peu. Ce qui mérite d'attirer l'attention, c'est la valeur des raisons présentées en faveur de la coutume cannibaliste, et la conviction énergique avec laquelle ce Caraïbe affirmait qu'elle ne pouvait pas disparaître.

Ce curieux document nous est revenu en mémoire en lisant, l'ouvrage que M. Faguet vient de consacrer à la question de la guerre et de la paix (1). Il y démontre, en fort bons termes, que la guerre sera éternelle parmi les hommes ; et que le Pacifisme est une doctrine essentiellement chimérique, quand il n'est pas une propagande funeste. - L'illustre académicien a-t-il eu entre les mains les cahiers du missionnaire protestant ? Les arguments qu'il présente pour soutenir l'éternité de la guerre se calquent si bien sur ceux que faisait valoir le sorcier caraïbe en faveur du cannibalisme, qu'on serait tenté de le croire. A moins que, toutefois, ce soit le sorcier qui ait lu son livre.

Quoi qu'il en soit sur ce point nous appelons l'attention de M. Faguet sur les pages qui suivent. Nous lui serions reconnaissant de nous donner du plaidoyer du sauvage une réfutation théorique. Elle doit être possible puisque le cannibalisme, en dépit des prophéties du sorcier, a, à peu près, disparu de la terre. Peut-être, après l'avoir tenté, sera-t-il moins affirmatif sur la vanité des idées pacifistes et la nécessité de la guerre.

Voici le plaidoyer du « piaï » caraïbe, tel qu'il fut prononcé vers l'an 1750, devant les guerriers de la tribu Oyampi, réunis sur la grande place de leur village

*
* *

« Un étranger est venu parmi nous pour nous enseigner une religion nouvelle. Il y a, dans les maximes qu'il prêche, beaucoup de choses qui peuvent nous laisser indifférents, mais il y en a aussi de très dangereuses pour la tribu. Il proclame, par exemple, que le cannibalisme doit disparaître de la terre, et qu'il faut renoncer à notre coutume de manger la chair humaine.

Il y a eu de tout temps des individus à l'estomac desquels cet aliment répugnait. Mais c'était là une complexion physiologique exceptionnelle. Celui qui en souffrait, la considérait lui-même comme une infirmité. C'est la première fois que l'on tente d'ériger ce dégoût maladif en doctrine.

La propagande de l'étranger pourrait devenir funeste. Au dernier festin public, où dix prisonniers furent immolés, trois de nos guerriers ont refusé de toucher à leur chair. - C'est pourquoi j'ai résolu de vous montrer que cette doctrine est absurde, et que ceux qui se laisseraient séduire par elle seraient traîtres à leur tribu.


I

De tout temps, aussi loin que peut remonter la mémoire des vieillards, on a mangé les ennemis tués dans les batailles, et on a engraissé les prisonniers pour les tuer quand ils sont à point. Quand une coutume est si ancienne, c'est qu'elle ne dépend pas de la volonté des hommes. Elle n'est pas un accident de leur histoire, mais une loi de leur nature, instituée par les dieux eux-mêmes. Les cœurs trop sensibles peuvent le déplorer ; mais contre les fatalités naturelles, il est vain et puéril de vouloir lutter.

La nécessité de cette loi apparaît, du reste, avec clarté à tout esprit non prévenu. Supposez en effet que les tribus, renonçant à se manger entre elles, s'engagent à vivre en paix chacune sur son territoire. Qu'arriverait-il ? - Tous ceux que nos luttes incessantes font disparaître continueraient de vivre ; le nombre de ceux qui auraient des enfants serait incomparablement plus grand qu'aujourd'hui, les loisirs, laissés par l'abandon des travaux guerriers, inclineraient davantage le cœur des hommes aux plaisirs de l'amour. Pour toutes ces raisons, la population s'accroîtrait dans des proportions inconnues jusqu'ici. Si fécond que soit notre sol, si industrieuses que soient nos femmes, le pays deviendrait bien vite incapable de nourrir tous ses habitants.

Que devrait-on faire alors?

Chasser de la tribu une partie de ses membres ? Comment désigner ceux qu'on condamnerait à l'exil ? Accepteraient-ils la décision de la tribu ? Plutôt que de courir l'aventure d'une émigration sur des terres, inconnues, où ils seraient sans cloute victimes des étrangers et des bêtes fauves, ne préfèreraient-ils pas en venir aux dernières extrémités ? C'est la guerre civile qui éclaterait sur tous les points du territoire à la fois : la guerre étrangère est cent fois préférable.

- Immolerait-on, pour les consacrer à la nourriture des adultes, les vieillards et un certain nombre d'enfants ? - On raconte qu'autrefois cette coutume existait dans certaines tribus. Un de nos poètes, parlant de ses ancêtres, a dit :

« Ils massacraient gaiement, pour les manger ensuite,
Leurs enfants mal venus et leurs parents trop vieux. »

Mais comment désigner ceux qu'on immolerait ? Il est impossible de trouver un principe juste pour faire un tel choix. L'arbitraire des juges et des chefs se donnerait carrière ; les occasions d'injustices seraient multipliées, et avec elles les germes de discorde civile.

Il y a, sans doute, des cas très nets où il est facile de juger qu'un enfant est infirme et ne sera jamais pour la tribu qu'une bouche inutile et un membre indigne. Mais combien de cas douteux ne seraient résolus que par la corruption : des parents trop faibles pourraient acheter à prix d'argent la complaisance des juges pour un enfant mal venu, tandis que d'autres, par égoïsme et amour de leurs aises, appelleraient sur la tête d'enfants robustes le couteau du sacrificateur.

Et pour les vieillards ? Fixerait-on un âge légal pour la mort? Ce serait injuste : des hommes, plus vieux par l'âge, peuvent être plus jeunes au point de vue de la valeur intellectuelle et physique. - Laisserait-on aux juges le soin de déterminer, dans chaque cas particulier, le moment où la vieillesse aura sonné ? Prenons garde à l'arbitraire et à la corruption, générateurs de discorde. La meilleure solution théorique serait de laisser aux vieillards eux-mêmes le soin de déterminer l'heure de leur sacrifice. Cette solution eût peut-être été possible autrefois, quand l'amour de la tribu était plus ardent. Mais les temps héroïques sont passés l'égoïsme a grandi dans les cours, et il serait vain d'espérer voir les hommes d'aujourd'hui s'offrir d'eux-mêmes sur l'autel de la tribu.

Ajoutez que, si pareille solution prévalait, la joie fuirait désormais nos festins. Nombreux sont les estomacs qui trouvent la chair des vieillards trop coriace et celle des enfants trop fade. Si matérielle que paraisse cette dernière considération, il en est certainement parmi nous qu'elle ne laissera pas indifférents.

Je conclus : ceux qui protestent contre la coutume de manger nos ennemis sont aveugles, s'ils ne voient pas que le succès de leur doctrine déchaînerait la guerre civile et condamnerait les membres d'une même tribu à se manger entre eux.


II

Je crois avoir démontré due le cannibalisme est une nécessité, mais je ne m'en tiendrai pas là. Je proclame que c'est une nécessité bienfaisante, qu'il faut accepter d'un cœur apaisé, et bénir, comme instituée par les dieux eux-mêmes. C’est elle, en effet, qui remédié, de la façon la plus équitable possible, à tous les maux qu'engendreraient la paix et le respect superstitieux de la chair humaine.

C'est parce que nous voulons manger la chair de nos ennemis que, chaque printemps, nos guerriers partent en guerre. Si nous renoncions à cette coutume, les guerres deviendraient infiniment plus rares, et les vertus viriles se perdraient. C'est en vue de la bataille prochaine et certaine, que nous cultivons dans nos âmes le courage et la ruse, dans nos corps la force, l'endurance et la souplesse.

D'autre part, les combats incessants font parmi nous, chaque année, cette élimination des faibles que la loi ne saurait convenablement pratiquer. Sur le champ de, bataille, point d'intrigues, point de louches marchés ! Celui qu'une infirmité -    ou que l'âge rend inférieur à son adversaire, tombe, frappé par lui ; sa mort est la preuve qu'il ne méritait pas de vivre. Seuls reviennent du combat les plus robustes et les plus forts, c'est-à-dire, ceux qui sont vraiment dignes de vivre et de se perpétuer.

Qui ne voit tous les avantages qui résultent de cette sélection bienfaisante ? Cette élimination impitoyable des vieillards et des faibles maintient la population dans les limites convenables. Il y a toujours pour tous les membres de la tribu, sans même que les guerriers soient condamnés à des travaux serviles, une nourriture abondante. Ceux qui sont morts goûtent la paix du grand sommeil ; ceux qui voient la lumière jouissent de la vie dans la prospérité.


III

- Chez nos voisins, ces raisons suffiraient : ils sont grossiers et sans culture. Nous, Oyampis, nous ne sommes pas sensibles seulement au bien-être matériel. La vraie civilisation se reconnaît à ce qu'on a souci du Beau et du Bien. - Mais à ce point de vue encore, le cannibalisme est bienfaisant.

D'où vient la beauté de nos guerriers et de nos enfants ? Pourquoi, par nos danses guerrières, tous les yeux sont-ils ravis, tant est grande la robustesse, l'aisance et la souplesse des corps ? C'est parce que, chaque année, la guerre élimine les faibles. C'est elle qui a fait et qui conserve la beauté de notre race. Elle est comme un chirurgien attentif, sans cesse appliqué à débarrasser le corps de tout ce qui le déforme ou l'affaiblit.

Si nous perdions le goût de la chair des vaincus, les guerres deviendraient rares ; parmi la population pullulante, malades, infirmes, vieillards continueraient de vivre. La race s'enlaidirait vite, et un jour viendrait où l'on pourrait compter parmi nous, les beaux exemplaires d'humanité.

Songez d'autre part à la prodigieuse somme de douleurs qui pèserait dès lors sur les hommes : toutes les individualités tarées préférant à la mort libératrice une longue agonie douloureuse à travers les maladies et les privations ! - Et l'on parle de la cruauté de la guerre incessante ! Mais c'est elle qui est miséricordieuse et bonne. Elle ne permet la vie qu'à ceux pour qui elle est une joie ; et, quand elle les en prive, ce n'est pas lentement, avec des raffinements de tortures, c'est d'un seul coup, dans l'ivresse de la bataille, en leur offrant la joie suprême de rendre le coup dont ils meurent. - C'est au nom de la pitié qu'on veut détruire nos coutumes cannibales ? Malheur à ceux qui éprouvent une pitié de cette espèce ! Elle les rend aveugles. Ils ne voient pas que, bien loin de diminuer les maux des hommes, leur sensibilité lâche les multiplierait à l'infini.

Enfin, quelles sont les tribus qui sont dignes de vivre ? Si dans une tribu les guerriers se laissent aller à d'oubli des vertus viriles, à l'indolence, à la lâcheté ; si la corruption et l'injustice les soulèvent contre leurs chefs, ou les uns contre les autres, n'est-il pas juste qu'ils servent à faire vivre une tribu meilleure, chez qui sont pratiquées toutes les vertus qu'ils oublient ? C'est le droit et le devoir de toute tribu plus forte, plus intelligente et plus disciplinée, de se nourrir des tribus inférieures. C'est ainsi seulement que les hommes croîtront toujours en force, en beauté et en vertu.

Je conclus : c'est le goût de la chair humaine, source des guerres, qui tient les hommes en haleine. Il ne permet la vie qu'aux plus vaillants et aux plus endurants. Il apparaît ainsi comme la source même du progrès humain.


IV

- Pour être complet, je dois vous rapporter encore une autre idée, malgré son absurdité trop évidente. On a dit « C'est la guerre qui exerce cette salutaire fonction d'élimination et d'éducation. Il n'est pars nécessaire pour qu'elle soit bien remplie que les vainqueurs se nourrissent de la chair des vaincus. Pourquoi ne pas laisser pourrir les cadavres au lieu de les manger ? Ce qui doit faire horreur, ce n'est pas la guerre elle-même, c'est l'abominable coutume de se nourrir de chair humaine. »

Ici, j'avoue que je ne comprends plus. Pour croire qu'après s'être imposé les fatigues de la bataille, les guerriers vainqueurs renonceront au bénéfice immédiat de la victoire, il faut avoir complètement perdu le sens du réel et de la vie. C'est là surtout qu'éclatent la faiblesse intellectuelle des adversaires du cannibalisme et la puérilité de leur doctrine.

Pourquoi ferait-on la guerre, si l'on perdait le goût du carnage et des festins humains ? Pour prendre des grains et des troupeaux ? - Mais ce n'est là qu'un surcroît de conquête que ne compromettent pas nos festins. Croire que des hommes qui peuvent avoir le plus se contenteront du moins, c'est être fou.

D'ailleurs, il est souvent très difficile, même après une victoire, de s'emparer des troupeaux et des récoltes. L'ennemi a caché ses richesses dans des retraites inaccessibles. - Les corps des morts et des blessés, au contraire, sont une proie immédiate et certaine. Quel homme de bon sens a jamais conseillé d'abandonner la proie qu'on tient, pour un butin incertain et de qualité inférieure ?

Puis, quelles raisons peut-on donner, si, comme on l'admet, la guerre est bonne, pour proscrire les festins de chair humaine ? En achevant les blessés, on leur épargne des souffrances prolongées. Les corps des morts éprouvent-ils une souffrance nouvelle à servir au festin du vainqueur ? Est-il préférable de pourrir dans la terre, ou de servir de nourriture aux corbeaux ? Il y a, au contraire, pour le guerrier qui tombe, une consolation suprême à songer que sa chair ne connaîtra pas le sort hideux des charognes animales, mais servira, saine et belle, palpitante encore de l'ardeur du combat, à la nourriture des hommes.

Il y a plus. Comment faire la guerre, si l'on n'a pas de quoi restaurer ses forces après la bataille ? Condamnera-t-on les guerriers à emporter sur leur dos les provisions de leurs familles ? C'est une honte à laquelle ils ne souscriraient pas. Tous les grands chefs militaires ont dit que la guerre doit nourrir la guerre ; le guerrier doit vivre sur l'ennemi ; l'application la plus immédiate et la plus sûre de cette maxime, c'est de manger les vaincus. Ainsi la bataille elle-même prépare aux guerriers le festin qui refera leurs forces. La famine n'est jamais à craindre pour les vaillants. Ils reçoivent, le même jour, sous forme de victuailles abondantes, la récompense des grands coups qu'ils ont donnés.

Il est donc absurde de prétendre conserver la guerre en proscrivant le cannibalisme, alors que celui-ci en est à la fois la cause principale, la condition nécessaire et la justification.


V

Je dois ajouter que ceux qui propagent une pareille doctrine ne sont pas seulement des esprits faux qu'il convient de détromper ; ils sont encore - qu'ils le sachent ou non - traîtres à leur tribu, et il faudra les châtier.

La différence essentielle qu'il y a entre un compatriote et un ennemi, c'est qu'on a le droit et parfois le devoir de manger ce dernier. Supprimer cette différence, c'est affaiblir le lien qui nous unit à la tribu. - C'est l'affaiblir encore, que de faire croire qu'un jour viendra où l'on pourra aller parmi les étrangers sans risquer d'être mangé par eux. Si cette doctrine se répandait, ce serait donc aux dépens de l'amour qu'on doit à la tribu.

Ce serait aussi aux dépens de sa force ; qui ne voit combien, dans une guerre, nous serions en état d'infériorité à l'égard de nos adversaires, si, tandis que ceux-ci seraient restés cannibales, nous avions renoncé à cette virile, antique et profitable coutume ? Exténués par les victoires elles-mêmes, nous deviendrions tôt ou tard leur proie.

Et voilà bien la conséquence dernière d'une doctrine absurde : elle finit toujours par être funeste à qui l'adopte. L'ignorance de la réalité est châtiée tôt ou tard. Pour avoir voulu renoncer, sous prétexte d'humanité et de pitié, à la coutume des ancêtres, nous péririons. Nos femmes, nos enfants, nous-mêmes nous ferions tour à tour les frais des festins des tribus voisines.

Défiez-vous donc, Oyampis, de ces idées nouvelles. L'anticannibalisme est une doctrine essentiellement chimérique. Les hommes se sont toujours mangés entre eux : ils continueront à le faire dans l'avenir, comme ils l'ont fait dans le passé. Et le meilleur moyen de n'être pas mangé soi-même, c'est d'affaiblir le plus souvent possible les tribus voisines en leur faisant de larges saignées. »

*
* *

Quand le sorcier eut fini, les guerriers l'approuvèrent avec de grands cris. Le missionnaire, devant ce regain de succès des idées qu'il avait combattues, craignit de faire les frais d'un festin de réconciliation. Il s'enfuit. C'est à sa prudence, sans doute, que nous devons l'avantage d'avoir lu le plaidoyer du cannibale.

D'ailleurs, qu'aurait-il pu répondre de vraiment décisif ?

Cependant, les Caraïbes eux-mêmes ne se mangent plus entre eux.

B. BEAU.

NOTE :
(1) « Le Pacifisme », par E. Faguet. in-12 8 ch. 400 p. Société Française d’imprimerie et de librairie. Paris 1908.


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